Algérie: Les imams créeront un syndicat en avril prochain
Alger, 14 janvier 2013 (Apic) Les imams algériens entendent se donner un cadre revendicatif pour s’occuper de leurs problèmes socioprofessionnels. Du 22 au 24 avril 2013, ils organiseront un congrès national pour mettre en place officiellement un syndicat, affirme un des initiateurs de cette démarche.
Des coordinateurs ont été désignés pour sensibiliser les 20’000 imams des différentes régions du pays sur l’importance de ce projet. Ils doivent aussi préparer les congrès régionaux qui seront organisés en février, en prévision du grand rendez-vous d’avril.
En octobre dernier, les initiateurs ont déjà tenu à Alger une rencontre constitutive. Y ont pris part quelque 76 imams, venant de 36 wilayas (provinces ou cantons) sur les 48 que compte le pays. Quelques jours plus tard, ils ont organisé trois rencontres régionales.
Leurs démarches ont débouché sur le dépôt, fin octobre, d’un dossier d’agrément au ministère du travail. Les initiateurs du projet y ont été convoqués courant novembre, pour des éclaircissements sur certains articles des statuts. « Les fonctionnaires du ministère du travail nous ont assuré que du point de vue légal, il n’y a aucune raison pour que notre organisation ne soit pas reconnue. A 95%, nous aurons notre agrément. Il ne reste que la signature du ministre du travail », confie un imam, membre fondateur du syndicat. N’ayant aucune réponse depuis, les imams se son déplacés le 13 janvier au ministère du travail. Les collaborateurs de Tayeb Louh ont promis une réponse d’ici une dizaine de jours.
Se défendant de faire de la politique, les fondateurs du syndicat assurent que leur objectif principal est de prendre en charge les doléances socioprofessionnelles des imams (respect de l’imam, salaires, primes, bourses d’études, logements de fonction…), notamment salariales. La rémunération moyenne d’un imam ne dépasse guère les 25’000 Dinars algériens (environ 295 CHF).
Le ministre des affaires religieuses Bouabdellalh Ghlamellah soutient la démarche des imams. Le 31 décembre dernier, il a clairement dit ne pas s’opposer à « la mise en place d’un syndicat s’intéressant aux affaires des fonctionnaires, imams et employés du secteur ». Il s’est targué d’être parmi les premiers à appeler au lancement d’une telle organisation.
S’il n’est pas hostile, Bouabdellalh Ghlamellah ne nourrit pas moins des appréhensions de voir les salafistes faire main basse sur cette structure syndicale, pour l’instrumentaliser à d’autres fins. « Le ministre appréhende de voir l’initiative des imams récupérée par les tenants du salafisme. Le risque existe », assure Ada Fellahi, conseiller du ministre des affaires religieuses. Pour lui, le syndicat des imams doit faire sienne la référence religieuse algérienne et respecter les lois de la République. « Notre syndicat est strictement professionnel. Il n’a rien à voir avec la politique. C’est vrai que, à l’image de la société algérienne, il y a plusieurs courants au sein de notre organisation. Mais nous avons décidé de limiter son action aux seuls revendications socio professionnelles », se défend l’imam.
En Algérie, il y a 15’000 mosquées. 5’000 autres sont en chantier. (apic/abch/ggc)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse