Liban: Campagne en faveur du mariage civil pour sortir du confessionnalisme

Le président Michel Sleimane y est favorable

Beyrouth, 21 janvier 2013 (Apic) Pour les Libanais qui veulent échapper au mariage religieux dans leur pays, le voyage à Chypre est toujours inévitable. Cette possibilité ne vaut cependant que pour les non-musulmans. Une campagne pour l’adoption du mariage civil, qui permettrait aussi le mariage de couples n’ayant pas la même religion, prend de l’ampleur au Pays des Cèdres.

A l’heure actuelle, la loi libanaise n’autorise et ne reconnaît que le mariage civil contracté à l’étranger. Le président libanais Michel Sleimane s’est prononcé, dimanche 20 janvier 2013, en faveur du mariage civil. Le chef de l’Etat a souhaité à cette occasion l’adoption d’une loi qui encadrerait le mariage civil au Liban. Cette prise de position survient après l’annonce, il y a quelques jours, de la célébration du premier « mariage civil » qui devrait encore être validé par le ministre de l’Intérieur.

Actuellement au Liban, il n’existe que le mariage religieux, étant donné la persistance du système politique confessionnel. Les tribunaux religieux, toutes communautés confondues, régulent tous les effets du mariage.

Le pays, depuis 1943, dispose d’un système politique et social particulier, le « confessionnalisme ». En vertu de ce système souvent contesté, le pouvoir est réparti de manière proportionnelle entre les dix-huit communautés religieuses. Au Liban, les personnes appartiennent en premier lieu au groupe. Epouser quelqu’un d’une autre communauté revient souvent à trahir sa famille, la société, tandis que les religieux se cramponnent à leurs prérogatives.

Une combat de longue haleine

Le combat pour l’instauration d’un mariage civil au Liban a été lancé il y a plusieurs décennies déjà, sans jamais se concrétiser dans la loi.

Les ministres libanais de l’Intérieur, Marwan Charbel, et de la Justice, Chakib Cortbaoui, ont, eux aussi, apporté leur soutien à l’instauration du mariage civil au Liban, rapporte le 21 janvier le quotidien francophone libanais « L’Orient-Le Jour ». Ils ont cependant souligné qu’une telle possibilité nécessite l’adoption d’une loi en ce sens. Chakib Cortbaoui a souhaité l’adoption rapide d’une loi qui réglementerait la relation entre les deux conjoints au sein du couple.

« Le mariage civil, pas la guerre civile »

La photo d’une fillette sur les épaules de son père, brandissant une pancarte sur laquelle est écrit : « Le mariage civil, pas la guerre civile », fait sensation sur les réseaux sociaux. Bien qu’ancienne, cette photo a été prise lors d’une manifestation contre le système confessionnel au Liban en avril 2010.

La raison derrière ce soudain engouement, note le quotidien libanais, est le message et la signature l’accompagnant: « Nous devons travailler sur la mise en place d’une nouvelle loi sur le mariage civil. C’est une étape très importante pour éradiquer le confessionnalisme et renforcer l’unité nationale. Qu’en pensez-vous? »

Un message sur Facebook et sur Twitter – signé MS, les initiales du président de la République libanaise Michel Sleimane – a eu l’effet d’une bombe. Il a attiré des centaines de réactions d’internautes de milieux différents. En effet, quatre heures après sa publication, plus de 1’700 personnes avaient « aimé » cette déclaration sur la page Facebook du chef de l’Etat où de nombreux commentaires la saluaient. (apic/orj/be)

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