Pris à partie par les défenseurs des éléphants
Rome, 23 janvier 2013 (Apic) Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a souligné le 22 janvier 2013 à la revue britanique «National Geographic» l’engagement du Vatican contre le trafic illégal d’ivoire. Suite à la publication d’un article sur l’usage religieux de ce matériau, la boîte postale du Père Federico Lombardi avait été inondée de courriers demandant au Vatican de s’impliquer davantage dans cette cause.
En septembre 2012, le journaliste Oliver Payne, à la veille de la publication par l’un de ses collègues du «National Geographic» d’un reportage sur la transformation de l’ivoire en objets de dévotion, a demandé par courrier électronique au Père Lombardi une réaction sur le sujet. Le journaliste a prétendu vouloir encourager le Vatican à se placer à la pointe de la lutte contre l’usage de ce matériau controversé. Il assurait notamment que l’ivoire était encore «sauvagement utilisé par les catholiques» à des fins religieuses et que le Vatican n’hésitait pas à offrir des cadeaux en ivoire aux chefs d’Etat rendant visite à Benoît XVI.
Pris par le voyage du pape au Liban puis par d’autres évènements, le Père Lombardi n’a pas apporté de réponse, malgré plusieurs relances, a expliqué Oliver Payne. Ce dernier a alors publié le 17 janvier un ’post’ sur un blog de la revue intitulé «L’engagement du Vatican sur la question de l’usage religieux de l’ivoire ralentirait les massacres illégaux d’éléphants». Il y encourageait les lecteurs à exprimer leur opinion au Père Lombardi et à sa secrétaire Cristina Ravenda, dont il fournissait les adresses électroniques.
Au Bureau de presse du Saint-Siège, il a été question d’une situation «hors de contrôle» suite à la quantité considérable de messages reçus. Des mails «pas toujours particulièrement gentils ni profonds», a remarqué le Père Lombardi. Dès lors, ce dernier a décidé d’adresser une longue note aux «amis des éléphants», afin de réaffirmer la doctrine de l’Eglise sur la protection de l’environnement et l’attention envers les animaux.
Le ’porte-parole’ du Saint-Siège a ensuite démonté plusieurs accusations présentées par l’article du «National Geographic». Il a récusé notamment la présence de stocks d’ivoire dans des magasins dépendant du Vatican. Il a rappelé que l’Eglise n’avait jamais soutenu le trafic de ce matériau. Le jésuite a également assuré que les cadeaux en ivoire n’étaient pas en usage. En novembre dernier, certes, le président de Côte-d’Ivoire avait offert au pape un échiquier en ivoire. Ce qui n’était pas un «objet religieux», a indiqué le Père Lombardi, précisant qu’il s’agissait d’ivoire légal.
Le père jésuite a rappelé que les actions de catholiques dans le monde, comme celles d’un prêtre philippin accusé de trafic d’ivoire dans l’article de la revue, ne pouvaient être directement imputables au Vatican.
Le Père Lombardi a également présenté plusieurs propositions afin d’impliquer le Vatican dans la sensibilisation du public à la question de l’ivoire. Il a notamment évoqué la possible mise à contribution du Conseil pontifical Justice et Paix, de l’Académie pontificale des sciences ou de Radio Vatican. «Nous n’arrêterons pas le massacre des éléphants, a-t-il souligné, mais nous aurons au moins collaboré à chercher concrètement des solutions pour l’arrêter, avec nos possibilités d’information et de formation». (apic/imedia/mm/rz)
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