Solidaire du peuple tunisien
Tunis, 7 février 2013 (Apic) «Nous exprimons notre solidarité avec le peuple tunisien, choqué par cet assassinat dirigé contre la liberté et le pluralisme». Le Père catholique Nicolas Lhernould, vicaire général de l’archidiocèse catholique de Tunis a condamné au nom de l’Eglise du pays, le meurtre, le 6 février 2013, de l’opposant politique Chokri Belaïd.
«C’était une attaque contre l’ensemble de la population», déclare le Père Lhernould, interrogé par l’agence catholique italienne «SIR».
Après l’assassinat du leader politique qui s’opposait à la main mise du parti islamiste «Ennhada» sur le pouvoir, des manifestations spontanées se sont produites dans toute la Tunisie. La colère est en général dirigée contre le gouvernement, soupçonné d’être l’instigateur de l’attaque.
«Notre espoir est que cette mort puisse servir à faire naître un pays plus uni, démocratique et respectueux des droits», affirme le vicaire. Il explique que les Tunisiens craignent actuellement pour leur avenir.
Les dernières rumeurs font état de la possible formation d’un gouvernement d’unité nationale composé de technocrates, relève le Père Lhernould. Même s’il pense que ce n’est pas à lui d’exprimer une opinion politique, il espère qu’un tel gouvernement pourra regrouper les différentes composantes de la société tunisienne.
Le Père Jawad Alamat, directeur national des Oeuvres pontificales missionnaires de Tunisie, condamne lui aussi le meurtre de Chokri Belaïd. Le religieux, relayé par l’agence missionnaire «Fides», parle de l’opposant comme d’une «voix libre qui s’est toujours battue contre la violence politique».
L’attentat est vécu comme une agression contre le peuple tout entier et non pas contre une seule personne, indique le prêtre. «Nous nous trouvons face à un tournant, peut-être plus important que celui du 14 janvier 2011», qui a vu la chute du président Ben Ali, souligne le Père Alamat.
C’est toute la Tunisie qui est descendue dans la rue pour protester, du sud au nord. «Cela signifie que la conscience populaire en a assez de la violence politique», poursuit le prêtre.
Selon lui, le gouvernement a laissé trop longtemps «les violents» agir comme ils le voulaient, au nom du respect d’une liberté d’expression mal comprise. «On ne peut plus l’accepter», affirme-t-il en rappelant les actes de violence qui ont précédé l’homicide du 6 février. (apic/ag/rz)
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