L’arbre Eglise manque de jeunes pousses
Paris, 9 février 2013 (Apic) En 2012, près de 2’000 jeunes catholiques seulement étaient sur le chemin de la vie presbytérale ou religieuse en France. C’est le constat présenté le 8 février 2013 à Paris par la Conférence des Evêques de France (CEF). Face au vieillissement des prêtres, les évêques de l’Hexagone ont lancé la campagne de promotion des vocations «jeunes cathos 2.0».
«Les Jeunes cathos 2.0 ont-ils la vocation ?» C’est sous cet intitulé que la CEF et le Service National pour l’Evangélisation des Jeunes et pour les Vocations (SNEJV) ont présenté un état des lieux des vocations dans l’Hexagone. La conférence de presse était donnée à l’occasion de la clôture de l’année de la promotion de la vie consacrée et de la préparation du 50ème anniversaire de la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, qui sera célébrée le 21 avril prochain.
D’après les chiffres actuels de l’Eglise française, 691 séminaristes se forment pour devenir prêtres diocésains, tandis que 490 religieuses apostoliques, 278 moniales et 392 religieux sont dans leurs premières années de vie consacrée.
Ces chiffres montrent la crise de vocations dont souffre l’Eglise catholique en France, et plus largement en Occident. Dans l’Hexagone, le nombre annuel d’ordinations de prêtres s’est pourtant stabilisé autour d’une centaine depuis quelques années. Il a néanmoins connu une baisse considérable en cinquante ans. Le nombre des candidats au ministère presbytéral continue de baisser: ils étaient 976 en 2000 contre 691 en 2012, indique le communiqué de la CEF.
A ce problème s’ajoute celui du vieillissement des hommes et femmes d’église. Plus de la moitié des prêtres catholiques ont plus de 75 ans en France. Cette situation provoque des inégalités territoriales grandissantes entre les diocèses.
«Si l’on regarde les chiffres qui stagnent ou baissent, ce n’est pas très encourageant», reconnaît Mgr Nicolas Souchu, évêque auxiliaire de Rennes en charge du suivi des vocations. «Mais il ne faut pas perdre de vue l’essentiel. Il faut créer les espaces pour permettre aux jeunes de s’ouvrir à la Vocation».
L’engagement des jeunes dans la vie presbytérale ou religieuse suit la courbe de la pratique régulière de la religion catholique en France. «Les jeunes cathos sont très minoritaires. Parmi les 18-25 ans, à peine plus d’ 1% va à la messe chaque dimanche», explique Sœur Nathalie Becquart, directrice du SNEJV, chargée de la promotion de la vie religieuse. «Dans une société sécularisée comme la nôtre, la décision de la vocation est donc un acte fort, résolu».
Le profil actuel du séminariste ou de la religieuse en formation est de plus en plus varié, souligne le Père Didier Noblot, directeur adjoint du SNEJV, chargé de la promotion du ministère presbytéral. «Nous recevons un nombre croissant d’étrangers, mais aussi des personnes d’âges très divers».
De nombreux freins à la vocation perdurent. «La peur de se tromper. Pour certains jeunes de milieux populaires, la peur de ne pas être à la hauteur, estime Soeur Nathalie Becquart, mais surtout la réticence à s’engager pour la vie». Aujourd’hui, les jeunes se mobilisent intensément pour des actes concrets à un moment donné, ils ont du mal à envisager un engagement pour toute leur vie, remarque la religieuse.
Alors si l’Eglise assume de faire une proposition «à contre-pied de cette société du changement, elle s’adapte toute de même aux codes, au langage et à la sensibilité à l’image des jeunes d’aujourd’hui».
Depuis quelques années, le SNEJV est présent sur la toile avec des sites internet comme «blog.jeunes-cathos.fr» et «jeunes-vocations.catholique.fr». L’organisation présente également des vidéos de promotion de la vocation. Cette année, une campagne d’affichage basée sur la difficulté des jeunes à s’orienter tentera d’attirer leur attention avec le slogan «Suivre un chemin tout tracé, ou suivre mon chemin?».
Pour le Père Noblot, l’Eglise a aussi changé sa façon d’aborder les vocations. «Il y a cinquante ans, on voyait la Vocation comme un appel spontané, qui naissait de manière très personnelle. Aujourd’hui, avec des chrétiens beaucoup moins nombreux, on envisage qu’un autre puisse dire ’Pourquoi pas toi?’. Sans aucun doute, il y a une rencontre, une parole à proposer.»
Sensibiliser les communautés chrétiennes, parler de la vocation et renforcer les liens entre la Pastorale des vocations et la Pastorale des jeunes, voilà les mesures à développer, estiment Soeur Becquart, Mgr Souchu et le Père Noblot.
«Il faut créer ces espaces où les jeunes vivront ce moment qui peut être fondateur pour eux», souligne le Père Noblot. Les grands rassemblements catholiques tels la Journée Mondiale de la Jeunesse (JMJ), Diaconia, les Rencontres Européennes de Taizé, ou encore le volontariat et l’action de service sont bénéfiques, conclut Soeur Becquart. (apic/lg/rz)
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