Le «pape de l’amour»

Brésil: Réactions diverses à la démission de Benoît XVI

Brasilia, 13 février 2013 (Apic) La démission de Benoît XVI a été une surprise pour les catholiques brésiliens, relève Mgr Leonardo Steiner, Secrétaire Général de la Conférence Nationale des évêques du Brésil (CNBB). Selon lui, Benoît XVI entrera dans l’histoire de l’Eglise comme le pape qui a abordé « la question la plus essentielle du christianisme, celle de l’amour de Dieu ».

« Nous ne nous attendions pas à un geste si important au sein de l’Eglise, même si nous savons que ce n’est pas la première fois qu’un pape renonce à ses fonctions », a déclaré Mgr Steiner, le 11 février à Brasilia, la capitale du Brésil. Le Saint-Père a simplement reconnu qu’il n’avait plus les conditions physiques requises pour sa fonction, a constaté l’évêque.

De la paix à l’amour

En dressant un bilan des textes et discours du Saint-Père durant ces huit ans de pontificat, Mgr Steiner estime qu’il laissera aux catholiques l’image du « pape de l’Amour ». Si nous disons que Jean-Paul II a été le pape de la paix, le futur dira probablement que Benoît VI a été le « pape de l’amour ». Il a en effet souvent évoqué la civilisation de l’amour, a parlé aux jeunes de la nécessité d’aimer, de témoigner de la foi comme charité et amour.

Continuité du dialogue

Concernant le prochain pape, le ’porte-parole’ de la CNBB espère qu’il donnera continuité au dialogue œcuménique avec les autres religions et les peuples victimes de conflits. « Le pape actuel vivait un moment de dialogue important avec les anglicans, les orthodoxes, mais aussi avec les musulmans et les juifs », souligne Mgr Steiner. Il accordait beaucoup d’importance à ce dialogue. « Je crois que le nouveau pape devra s’inscrire dans cette ligne. Il devra posséder aussi une grande sensibilité pour comprendre le monde dans lequel nous vivons ».

Un homme gentil, intelligent et… autoritaire

L’annonce de la démission de Benoît XVI a suscité de nombreuses réactions au Brésil. En particulier celle du théologien Leonardo Boff. Le théologien de la libération, ex-membre de l’ordre des franciscains, est particulièrement critique à l’égard du pape. Il a estimé que ses huit ans de pontificat ont été marquées par « l’ambiguïté, les polémiques et des attitudes rigides ». Le cardinal Ratzinger était un professeur académique extrêmement gentil et intelligent. « Mais Benoît XVI s’est révélé être un pape exerçant ses fonctions de manière autoritaire et centralisatrice », a affirmé le théologien.

Un nouveau pape plus ouvert

Leonardo Boff a assuré ne pas avoir été surpris par la décision de Benoît XVI, car il savait que le souverain pontife souffrait de problèmes de santé. Il a rendu hommage à sa décision, qui a « démythifié la figure du pape, qui restait généralement en fonction jusqu’à la mort ». Pour cela, a-t-il ajouté, il mérite toute notre admiration et notre respect. Se projetant déjà vers l’élection du nouveau pape, le théologien a souhaité quelqu’un de plus ouvert. « D’autant que 52 % des catholiques vivent aujourd’hui dans le tiers monde et non plus en Europe ».

Cinq cardinaux votants dont deux « papables »

Cinq cardinaux brésiliens pourront participer au prochain conclave. Si le Brésil compte au total neuf cardinaux, quatre sont cependant âgés de plus de 80 ans et ne pourront donc pas participer à l’élection. Parmi les cinq votants, figurent Mgr Magello Agnello, 79 ans, archevêque de Salvador de Bahia, Mgr Odilo Scherer, 63 ans, archevêque de Sao Paulo et Mgr Raymundo Assis, 76 ans, archevêque d’Aparecida. Mgr Claudio Hummes, 78 ans, ex-archevêque de Sao Paulo et Mgr Joao Braz de Aviz, 64 ans, Préfet de la Congrégation pour la Vie consacrée et ancien archevêque de Brasilia, sont régulièrement cités comme des candidats sérieux au Saint-Siège. (apic/jcg/rz)

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