De la Chine à l’Inde, de gros dossiers mis à jour
Paris/Hong Kong, 14 février 2013 (Apic) En huit ans de pontificat, l’action de Benoît XVI a été particulièrement sensible en Asie. Il s’est attaché aussi bien à préserver l’unité de la communauté catholique qu’à défendre la liberté religieuse dans le continent. L’agence d’information des Missions Etrangères de Paris, Eglises d’Asie (EDA) présente une rétrospective des avancées réalisées par le pape démissionnaire en Orient.
Benoît XVI avait indiqué dès le début de son pontificat que «le dossier chinois» serait l’une de ses priorités. Après un pape polonais perçu comme anti-communiste par les dirigeants chinois, Benoît XVI tenait à faire progresser cette affaire. Il était conscient que la division de la communauté catholique entre «clandestins» et «officiels» était problématique. Ce clivage portait préjudice non seulement à l’unité de l’Eglise de Chine, mais aussi à l’évangélisation d’une population et d’une société bouleversées par des changements extrêmement rapides.
La lettre de Benoît XVI adressée en 2007 aux catholiques chinois a fait date. Outre le fait, qu’en l’absence de relations diplomatiques entre Rome et Pékin, elle donnait une forme de reconnaissance à la République populaire de Chine, la missive était un rappel très clair du fonctionnement de l’Eglise. Y était notamment expliquée l’incompatibilité de la loi catholique avec «certaines institutions» mises en place par les autorités chinoises. Benoît XVI y visait expressément l’»Association patriotique et la Conférence des évêques «officiels». Le pape avait néanmoins réitéré sa volonté d’engager avec les autorités chinoises un dialogue «respectueux et constructif». Mais malgré la feuille de route constituée par cette lettre et la mise en place d’une «Commission Chine» au Vatican, le dossier a connu peu d’avancées visibles.
Sur le sujet central de la nomination des évêques chinois, Pékin a répondu en acceptant un certain nombre d’ordinations concertées avec le Saint-Siège. Mais le pouvoir chinois a parallèlement «forcé» d’autres nominations, amenant le pape à prononcer l’excommunication de plusieurs évêques ordonnés sans son accord.
L’établissement de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Vietnam était déjà l’un des objectifs du pape précédent. Dès le début de son pontificat, Benoît XVI l’a repris à son compte. En 2005, une délégation du gouvernement vietnamien a été accueillie avec chaleur par les principaux responsables du Saint-Siège. Mais la concrétisation la plus éclatante de ce rapprochement diplomatique a été la rencontre au Vatican du Premier ministre Nguyên Tân Dung avec le pape Benoît XVI, en janvier 2007. A cette occasion, le Saint-Siège a fait savoir qu’il était prêt à établir des relations diplomatiques avec le pays asiatique. Le porte-parole du gouvernement vietnamien a toutefois indiqué par la suite que le chef du gouvernement s’était contenté de noter cette opinion.
Cette première réunion au sommet a été suivie dans les années suivantes par trois séries de négociations entre les deux parties, réunies dans ce qu’on a appelé «le groupe mixte de travail Vietnam-Vatican». Lors de la deuxième réunion du groupe, les négociateurs se sont accordés sur la nomination par le pape d’un représentant non résident au Vietnam. Mgr Leopoldo Girelli, nonce apostolique à Singapour, a été choisi par le pape en janvier 2011 pour tenir cette fonction. Lors de son premier voyage au Vietnam, le représentant du pape a transmis ses lettres de créances, non au gouvernement, mais à la Conférence épiscopale.
Les relations diplomatiques sont donc encore à venir, même si la visite au pape du Premier ministre en 2007 a été suivie plus tard par celle du chef de l’Etat vietnamien et, tout récemment, en janvier dernier, par celle du secrétaire général du Parti communiste.
Outre la Chine et le Vietnam, Benoît XVI a suivi de près d’autres dossiers asiatiques, notamment celui de l’Inde. Il a inscrit son action dans la lignée de celle de son prédécesseur Jean-Paul II, confirmant et accompagnant certaines de ses décisions concernant les deux Eglises catholiques non latines d’Inde.
L’Eglise syro-malabare avait été élevée en 1992 par Jean-Paul II au rang d’Eglise archiépiscopale majeure, puis autorisée par le même Jean-Paul II en 2004 à élire ses propres évêques. Le 24 mai 2011, après le décès du cardinal Varkey Vithayathil, le synode de l’Eglise syro-malabar élisait donc pour la première fois son archevêque majeur, en la personne de Mar George Alencherry. Deux jours plus tard, Benoît XVI confirmait l’élection du nouveau chef de l’Eglise catholique de rite oriental syro-malabar.
En octobre 2012, Benoît XVI a également créé cardinal Baselios Mar Cleemis Thottunkal, catholicos de l’Eglise syro-malankare. Mgr Mar Cleemis Thottunkal est ainsi devenu le premier évêque de son Eglise à revêtir la pourpre cardinalice. (apic/eda/rz)
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