La décision de Benoît XVI n’est pas «une fuite» ou une descente de la croix

Rome: Interview du directeur de l’Osservatore Romano au Figaro

Rome, 15 février 2013 (Apic) La renonciation de Benoît XVI à sa charge de pape n’est ni «une fuite», ni une descente de la croix. C’est ce qu’affirme le directeur de L’Osservatore Romano, Giovanni Maria Vian, dans une interview accordée le 14 février 2013 au quotidien français Le Figaro.

Benoît XVI a été élu «contre son gré», affirme Giovanni Maria Vian. A ses yeux, il est évident que le pape ait envisagé «la possibilité de démissionner dès le début de son pontificat».

Un pontificat arrivé à maturité

«Son pontificat est comme arrivé à maturité», estime le directeur de L’Osservatore Romano. Par cette décision, «Benoît XVI ne fuit pas devant les loups. Il ne s’échappe pas». Lors de la messe d’inauguration de son pontificat, le 24 avril 2005, le pape avait demandé aux fidèles de prier pour lui, afin qu’il «ne (se) dérobe pas, par peur, devant les loups».

«Il ne descend pas non plus de la croix», poursuit Giovanni Maria Vian, dans une allusion à de récents propos du cardinal Stanislaw Dziwisz, ancien secrétaire particulier de Jean Paul II.

Remplir sa mission autrement

«Benoît XVI se perçoit plus comme Simon de Cyrène, celui qui est appelé pour aider à porter la croix que supporter le Christ», explique Giovanni Maria Vian. «Il a déjà dit qu’il y a de ’grand papes’ et des ’papes plus petits’. Lui ne s’identifie pas à l’image d’un grand pape», analyse-t-il, louant l’humilité de Benoît XVI. Le directeur souligne aussi que «son départ n’est pas un abandon» mais «une autre façon de continuer à remplir sa mission particulière». D’ailleurs, les croix n’ont pas manqué à Benoît XVI au cours de ses presque huit ans de pontificat, du scandale de la pédophilie à l’affaire ’Vatileaks’.

Selon Giovanni Maria Vian, ces évènements n’ont pas poussé le pape à renoncer à sa charge. «S’il y a une chose que cet homme aimable et paisible n’accepte pas, c’est de prendre une décision dictée par des pressions extérieures».

Et de conclure: «Son geste est audacieux mais il montre aussi sa cohérence: il s’est toujours considéré au service, et pense qu’il ne faut pas s’attacher à une fonction. Il change simplement sa façon de servir et l’Eglise continue à avancer». (apic/imedia/mm/ggc)

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