Inde: Un archevêque catholique accusé de tentative d’empoisonnement d’un prêtre

Vengeance personnelle ou complot criminel?

Bhopal (Inde), 19 février 2013 (Apic) Le Père Anand Muttungal, prêtre catholique de l’archidiocèse de Bhopal, au centre de l’Inde, a porté plainte début février 2013 contre trois responsables de l’Eglise locale, dont l’archevêque Leo Cornelio. Le prêtre les accuse d’avoir voulu l’empoisonner pour le rendre mentalement instable. Les accusés évoquent une rancune personnelle du Père Muttungal.

Une cour de l’Etat indien du Madhya Pradesh a convoqué pour audition au 1er mars 2013 l’archevêque de Bhopal, Mgr Leo Cornelio, son vicaire général, le Père Mathew Vallatte et le porte-parole de l’archidiocèse, le Père Johny PJ, rapporte le 15 février l’agence d’information catholique «Ucanews».

Le plaignant, le Père Muttungal, est l’ancien responsable des relations publiques de l’archidiocèse. Il prétend que ses supérieurs l’ont pris pour cible après qu’il ait porté plainte pour détournement de fonds contre des responsables de l’Eglise locale.

Le Père Muttungal a affirmé à «Ucanews»avoir approché directement la cour parce qu’il n’avait reçu aucune réponse d’une première plainte déposée auprès de la police, en janvier dernier. Il venait prétendument de se rendre compte du complot à son encontre.

Plainte étayée par un autre prêtre

Le Père KP Philip, un autre prêtre diocésain de Bhopal, a déposé devant la cour une déclaration sous serment qui étaye les accusations du Père Muttungal. Selon ce document, le Père Philip aurait accompagné l’archevêque et le vicaire général chez un psychiatre en décembre 2012. Ils auraient discuté ensemble d’un plan destiné à rendre le Père Muttungal mentalement instable. Le Père Philip aurait refusé de prendre part à cette conspiration et averti son collègue. Le prêtre prétend en outre que les responsables de l’archidiocèse auraient fait pression sur lui pour ajouter de la drogue à la nourriture du Père Muttungal, ce qu’il aurait refusé de faire.

Psychose en cause?

L’archevêque Cornelio a affirmé que les accusations étaient «sans fondements», et que le Père Muttungal souffrait de problèmes de comportements.

Selon le porte-parole de l’archidiocèse, le plaignant se serait «rebellé» contre la décision de son licenciement, survenu l’année dernière. «Il souffre de psychose, a indiqué le Père Johny PJ. Il a également le sentiment qu’il pourra parvenir à ses fins par voie de menace».

Les accusés risquent jusqu’à 10 ans de prison. (apic/ucan/rz)

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