Yverdon: La Fédération romande des socialistes chrétiens contre la politique d’austérité

Paul Dembinski prône l’annulation de la dette des Etats européens

Yverdon, 19 février 2013 (Apic) Il faudrait annuler la dette des pays européens en difficulté pour repartir sur des bases plus saines. C’est la proposition faite par le professeur d’économie fribourgeois Paul Dembinski lors de la rencontre de la Fédération romande des socialistes chrétiens. Ses membres, réunis le 16 février 2013 à Yverdon, ont planché sur la dette des Etats européens.

Dimitri Andronicos, doctorant en éthique contemporaine et assistant à la Faculté de théologie de Genève, a posé la question du caractère prétendument inéluctable de la crise, rapporte le communiqué de la Fédération des socialistes chrétiens.

Une forme de désespoir s’installe, relève Dimitri Andronicos, avec la tentation de croire que seule l’austérité permettra d’en sortir. Les dettes publiques, qui servent pourtant à construire l’Etat, deviennent honteuses: il faut donc sanctionner, par cette austérité, les citoyens qui ont abusé des bienfaits du parapluie social. «N’y a-t-il donc plus d’espérance ? Faut-il vraiment faire confiance aux lois du marché ?», se demande l’éthicien.

Annuler les dettes

Pour le professeur d’économie Paul Dembinski, de l’Université de Fribourg, la financiarisation de l’économie a fondamentalement changé la donne depuis les années 70. On vit dans l’illusion d’une bonne gestion des risques et de profits financiers qui diminuent la nécessité du travail. Mais cela a pour conséquence une fuite en avant avec notamment la volonté de consommer aujourd’hui ce que l’on paiera demain, relève le professeur d’économie.

Le besoin croissant de prestations sociales crée des emplois, mais une illusion de croissance. Les dettes des Etats ne sont plus remboursables. Une inflation pourrait permettre de les effacer, mais elle serait catastrophique pour la classe moyenne. Il faudrait donc oser annuler ces dettes d’un coup de crayon pour repartir sur des bases plus saines, conclut Paul Dembinski.

Socialiser le capital des entreprises

Député socialiste et économiste, Samuel Bendahan propose un programme d’action excluant que la population européenne indemnise les banques qui ont prêté de l’argent aux Etats très endettés à des taux élevés justement pour financer le risque pris !

Il faut également faire cesser la concurrence fiscale qui prive les Etats de ressources importantes et ne pas craindre les investissements qui rapportent à long terme de l’argent et surtout du bien-être.

Il imagine aussi que le capital des sociétés soit progressivement socialisé (1% par année). Le député termine en relevant que l’austérité qu’on veut imposer aux Grecs ou aux Portugais n’a aucune chance de les motiver pour construire une nouvelle économie.

«Comme la discussion l’a montré, les socialistes chrétiens ne croient pas à l’inéluctabilité de la situation économique, ni à la responsabilité des populations défavorisées à qui on tente de faire payer la crise», affirme le communiqué. Ils appellent les politiciens à assumer leurs devoirs et leurs compétences, au lieu de baisser les bras au prétexte que l’économie mondialisée leur a échappé. (apic/com/rz)

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