Madagascar: Vive émotion suite à l’assassinat d’une religieuse française

La population locale voulait lyncher les coupables

Antananarivo, 4 mars 2013 (Apic) Sœur Marie Emmanuel Helesbeux, une religieuse française de 82 ans, a été tuée le 1er mars 2013 à Mandritsara, au nord-est de Madagascar. Il semble que le meurtre ait un motif crapuleux. L’homicide a suscité une vive émotion et colère dans la région, où elle était très appréciée.

Sœur Marie Emmanuel a été rouée de coups de bâton avant d’être étranglée. Trois personnes, dont un ancien garde de la victime, ont été arrêtées et ont confessé le crime. «Il semble qu’elles devaient rembourser une somme d’argent à la religieuse» a indiqué à l’agence missionnaire vaticane «Fides» le Père Luca Treglia, directeur de «Radio don Bosco», à Antananarivo. Selon les premiers résultats de l’enquête menée par la gendarmerie, vendredi dernier, vers 22 heures, son ex-employé, accompagné de deux complices, a enlevé la religieuse à son domicile. Ils l’ont ensuite emmenée à quelques centaines de mètres, sur la place du marché à bétail. Elle a été retrouvée morte le lendemain matin, par des passants. L’expertise médicale a révélé que la religieuse a été frappée au visage et étranglée.

Elle avait soigné presque tous les habitants

Sœur Marie Emmanuel Helesbeux, des Sœurs de la Providence – connues également comme Sœurs de Saint Thérèse d’Avesnes –vivait depuis des décennies dans la région et s’était pleinement investie auprès de la population, en tant qu’infirmière. Elle avait soigné presque tous les habitants, a rapporté la presse malgache. Elle venait de la Communauté de la Providence de Ruillé sur Loir, présente à Madagascar depuis 1964. Il existe, dans la Grande île, une quarantaine de Sœurs de cette communauté, réparties dans les diocèses de Port-Bergé, Mahajanga et Antananarivo.

Risques de dérapages dans la population

«Dès qu’elle a appris la mort de Sœur Marie Emmanuel, la population est descendue dans les rues, avec l’intention de se faire justice par elle-même», a indiqué le Père Treglia. La religieuse était en effet très aimée et estimée pour ses œuvres de charité à Mandritsara. Les autorités ont émis un appel au calme.

Des habitants de la ville, interrogés par Radio France internationale (RFI), ont fait état de consternation et stupéfaction de la population. Les forces de sécurité craignent des dérapages, car une partie de la population a promis de venger la mort de la religieuse. De ce fait, elles ont renforcé la sécurité des présumés assassins qui doivent être déférés au parquet dès le début de cette semaine. Le Ministère français des Affaires étrangères a qualifié le crime de «particulièrement odieux». (apic/fides/ibc/rz)

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