Dénoncer le génocide ethnique, culturel et religieux en cours
Genève, le 8 mars 2013 (Apic) A deux jours de l’anniversaire redouté du soulèvement de Lhassa, plusieurs dirigeants tibétains se sont déplacés en Europe pour sensibiliser les Etats à la situation au Tibet. Ils ont demandé au comité des droits de l’homme de l’ONU, en session à Genève, de faire avancer les négociations avec Pékin, aujourd’hui au point mort.
Face au silence de Pékin, à l’intensification de la répression depuis 2008 et à la poursuite inexorable des immolations qui viennent de dépasser les 115 victimes (au rythme ces dernières semaines, d’un suicide tous les deux jours), le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala, en Inde, a.lancé un appel pressant à la communauté internationale et à l’ONU. Il leur a demandé d’intervenir concrètement en faisant pression sur Pékin et d’envoyer une commission d’enquête indépendante sur les violations des droits de l’homme au Tibet. C’est ce que rapporte le 8 mars 2013 l’agence des Missions Etrangères de Paris, Eglise d’Asie.
Une délégation tibétaine, conduite par Kyabje Kirti Rinpoche, chef spirituel en exil du monastère de Kirti, s’est rendue à Genève où se tient actuellement la 22e session du comité des droits de l’homme (qui a débuté le 25 février et s’achèvera le 22 mars ) afin d’exposer la gravité de la situation au Tibet et de dénoncer « le génocide ethnique, culturel et religieux » en cours.
Le responsable du monastère de Kirti a rencontré les principaux rapporteurs de l’ONU sur la question tibétaine, en particulier Heiner Bielefeldt, rapporteur spécial pour la liberté de religion, avec lequel il a longuement échangé sur les immolations. Il a également attiré l’attention du rapporteur des Nations Unies sur le danger qu’encourraient les familles et les proches des immolés, menacés, arrêtés et parfois condamnés à mort.
Après avoir effectué les rituels à la mémoire des Tibétains immolés, le supérieur du monastère de Kirti s’est adressé à la foule, réaffirmant que leur combat devait rester non-violent, mais qu’ils avaient le devoir « de trouver rapidement le moyen de répondre à l’appel à l’aide de leurs frères du Tibet « . Kirti Rinpoche a conclu en lisant une lettre ouverte à Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies.
Le gouvernement tibétain en exil lui demande de mettre la Chine devant ses responsabilités au sujet « des atrocités flagrantes perpétrées à l’encontre des Tibétains » ainsi que de répondre des engagements pris vis-à-vis des Nations Unies, spécialement en ce qui concerne la liberté de religion et les droits de l’homme.
Après Genève, la délégation de Dharamsala, forte du soutien du Parlement européen qui a déjà adopté plusieurs résolutions sur le Tibet, veut demander à l’Union européenne de nommer un coordonnateur spécial sur le Tibet. Sa tâche principale serait de faciliter le dialogue entre l’administration tibétaine en exil et le gouvernement chinois.
Le 10 mars 2013, jour de la commémoration commune du soulèvement de Lhassa contre Pékin et des « martyrs du Tibet », plusieurs manifestations sont prévues en soutien au peuple tibétain. Elles se dérouleront dans la plupart des grandes villes d’Europe mais aussi en Amérique du Nord, Australie, Asie et Amérique du Sud. (apic/eda/cw)
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