Un homme «passionnément engagé dans un esprit évangélique de pauvreté»

Royaume-Uni: Une journaliste de «The Guardian» défend le pape François

Londres, 20 mars 2013 (Apic) Il m’est apparu comme quelqu’un de «passionnément engagé dans un esprit évangélique de pauvreté, très intelligent et cultivé», affirme Margaret Hebblethwaite. La journaliste du quotidien britannique «The Guardian» connaît bien Jorge Mario Bergoglio, l’actuel pape François. Elle est en contact depuis dix ans avec l’ancien archevêque de Buenos Aires. Elle le décrit comme quelqu’un d’une grande disponibilité et peut-être pas si conservateur que certains l’affirment.

«J’ai entendu deux opinions opposées concernant le nouveau pape», affirme Margaret Hebblethwaite. Certains le disent humble, progressiste et ouvert, d’autres le décrivent comme autoritaire, conservateur et sévère. La journaliste de «The Guardian», qui a rencontré Mgr Bergoglio en Argentine pour la première fois en 2004, note à quel point l’actuel pape François a toujours fait preuve de disponibilité et de serviabilité à son égard.

Concernant les accusations de compromission avec la dictature argentine, Margaret Hebbelthwaite est convaincue qu’il s’agit d’une «grave calomnie». Elle admet que l’affaire des deux jésuites emprisonnés par la dictature après avoir quitté l’ordre, en 1976, constitue une situation complexe «qui se prête à de multiples interprétations». Pour elle, il est néanmoins «beaucoup plus probable que Mgr Bergoglio ait réellement tenté de sauver la vie des deux prêtres».

Lors de conversations qu’elle a eues avec des jésuites d’autres pays, les opinions ont été plutôt négatives vis-à-vis du provincial des jésuites d’Argentine. Ce dernier était souvent décrit comme «dur et autoritaire». Il lui était aussi reproché de ne jamais rendre visite à ses frères jésuites à la curie romaine.

Une féministe radicale comme amie

Son combat contre le «mariage homosexuel» en Argentine l’a fait passer pour un conservateur. La journaliste remarque à ce sujet que Jorge Mario Bergoglio était ami avec la féministe catholique radicale argentine Clelia Luro, une personne «aussi à gauche qu’il est possible de l’être au sein de l’Eglise». La féministe fut mariée avec l’ancien évêque argentin Jeronimo Podesta, décédé en 2000. Leur liaison provoqua le départ du prélat de l’Eglise catholique en 1972. Jeronimo Podesta était l’un des plus fervents partisans des réformes qui ont suivi le Concile Vatican II.

La journaliste de «The Guardian» explique que la féministe argentine avait une très haute opinion de Mgr Bergoglio. Elle lui écrivait presque toutes les semaines et l’archevêque de Buenos Aires lui répondait à chaque fois en lui téléphonant pour une brève conversation. Lorsque Jeronimo Podesta était proche de la mort, Jorge Mario Bergoglio a été le seul membre du clergé à lui rendre visite à l’hôpital. Après son décès, il a également été le seul à reconnaître publiquement la contribution considérable qu’il avait apportée à l’Eglise argentine. (apic/guardian/rz)

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