Lausanne : Le Parti Evangélique Suisse (PEV) rejette l’initiative pour « l’élection du Conseil fédéral par le peuple » mais accepte la loi sur l’asile (LAsi)

« Non à une américanisation de la politique suisse »

Lausanne, 23 mars 2013 (Apic) Réuni en assemblée des délégués à Lausanne le 23 mars 2013, le Parti Evangélique Suisse (PEV) a donné ses mots d’ordre pour la prochaine votation populaire du 9 juin 2013. Dans un communiqué, les délégués rejettent nettement l’initiative populaire pour « l’élection du Conseil fédéral par le peuple ». Selon eux, le texte pousserait à « l’américanisation et au populisme ». Ils prônent en revanche le « oui » à la modification de la loi sur l’asile (LAsi).

Marianne Streiff, conseillère nationale PEV (BE), s’est clairement prononcée contre l’initiative populaire pour « l’élection du Conseil fédéral par le peuple ». « La personne qui voudrait se faire élire au Conseil fédéral devrait mener une longue et coûteuse campagne électorale. Tous les non-millionnaires seraient d’office exclus de la course », a-t-elle argumenté. « De plus, les conseillères et conseillers fédéraux seraient entièrement absorbés par leur campagne durant l’année électorale et la politique serait encore davantage paralysée avant les élections nationales », a poursuivi Marianne Streiff.

Selon elle, « l’élection par le parlement évite une influence démesurée des cartels puissants et possédants de gros moyens financiers. La tentation de propulser, au travers de leur capacité financière, l’un des leurs au Conseil fédéral serait beaucoup trop grande. »

Dans la discussion qui a suivi, beaucoup de délégués se sont montrés persuadés que le mode d’élection actuel n’était pas parfait, avec l’élection selon l’ordre d’ancienneté encourageant des arrangements opaques entre partis. Le PEV est donc en principe ouvert à une amélioration. Cependant, les délégués ne se montrent pas prêts d’accepter une solution qui pousserait à l’américanisation et au populisme. Ils ont donc suivi la demande de leur conseillère nationale et se sont prononcés unanimement contre l’initiative, avec 79 oui et 2 abstentions.

Révision de la loi sur l’asile

La conseillère nationale Marianne Streiff a ensuite plaidé pour un « oui » à la modification de la loi sur l’asile (LAsi). Pour elle, les mesures proposées sont acceptables et améliorent les procédures d’asile actuelles. Un refus de servir ne serait par exemple plus en soi une raison d’asile. Cela ne signifierait cependant pas que ces personnes seraient d’office exclues de la procédure d’asile.

Souvent, les demandeurs cumulent plusieurs raisons d’asile (danger de vie ou torture dans le pays d’origine) et obtiendraient de ce fait toujours l’asile ou seraient du moins acceptées provisoirement. Il s’agirait toutefois d’émettre un signal pour éviter que la Suisse devienne de manière générale un pays de destination pour les déserteurs et objecteurs de conscience, la Suisse abritant déjà le plus grand nombre d’Erythréens en Europe.

Les demandes d’asile dans les ambassades, que la Suisse est la seule nation à offrir, ne diminuent ni le nombre de demandes dans notre pays ni nos possibilités d’accueillir ces personnes en difficulté par des visas humanitaires ou des contingents de réfugiés, comme par le passé. Selon Marianne Streiff, les modifications proposées sont nécessaires pour pouvoir enfin accélérer les procédures d’asile.

Lors de la discussion, des avis divergents ont été émis. Il a été par exemple souligné que les demandes d’asile dans les ambassades aidaient dans plusieurs pays particulièrement aussi les chrétiens persécutés. La multiplication des tours de vis aux processus d’asile serait incompatible avec la politique humaine prônée par le Parti Evangélique. Suite à une discussion animée, les délégués du PEV ont finalement décidé, par 41 voix contre 25, d’accepter la modification de la loi sur l’asile. (apic/com/cw)

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