Centrafrique : L’archevêque de Bangui veut éviter que la crise politique ne devienne religieuse

Appel au rétablissement de l’ordre et à la réconciliation nationale

Bangui, 27 mars 2013 (Apic) Après la prise de la capitale centrafricaine par les rebelles de la Seleka, l’archevêque de Bangui a lancé le 26 mars 2013 un appel pour le rétablissement de l’ordre et la protection des personnes et des biens. «Il faut mettre fin aux pillages et que les responsables de la Seleka prennent leurs responsabilités par rapport à tous les dégâts collatéraux», a indiqué Mgr Dieudonné Nzapalainga répondant aux questions de Radio France Internationale (RFI).

«Nous sommes à nouveau dans un moment difficile où la population est ballottée de gauche à droite» a relevé l’archevêque de Bangui. Michel Djotodia, responsable de Seleka, a annoncé la suspension de la Constitution, la dissolution de l’Assemblée nationale et du gouvernement et la proclamation d’un couvre-feu à Bangui de 19h à 6h du matin. La ville est encore en proie aux pillages et saccages par des bandes armées. «Une situation de chaos règne encore à Bangui. Les gens restent reclus dans leur maison et seuls des véhicules militaires de la Séléka et des armées centrafricaines (FACA) et françaises circulent. Les gens souffrent à cause des pertes causées par le conflit et sont sous le choc.»

Fidèles rackettés devant la cathédrale

Dimanche 24 mars, devant la cathédrale, des fidèles se sont fait dévaliser en sortant de l’église par des gens qui voulaient prendre également leurs véhicules, par la force, relate Mgr Nzapalainga. L’archevêque se demande s’il s’est agi d’un acte de banditisme ou d’une action délibérée visant à intimider les chrétiens. Il lance un appel à la direction de la Seleka afin qu’elle évite la dérive sectaire. «Il est temps de mettre rapidement fin à des actes injustes qui pourraient entraîner, dans la tête des gens, des sentiments anti-religieux. Il faut que les prêtres, les pasteurs et les imams soient protégés. Je parle pour tout le monde. Les hommes de Dieu doivent être protégés. Cette crise est politique ; il ne faut pas la laisser dévier pour qu’elle prenne un itinéraire religieux.»

La Centrafrique est un pays laïc dans lequel, mis à part quelques incidents isolés, les différentes religions vivent et cohabitent de manière sereine. Cette ancienne colonie française compte 45% de protestants, 35% de catholiques et environ 10% de musulmans.

Mettre la Centrafrique sur le chemin de la réconciliation

«Avant toute chose, je demande au nouveau pouvoir de rétablir l’ordre et d’assurer la protection des gens, des biens publics et privés», insiste Mgr Nzapalainga. Une fois l’ordre public rétabli, les forces rebelles au pouvoir devront «entamer un dialogue vraiment intégré afin de faire ressortir toute la vérité sur les vieux problèmes de notre pays qui n’ont jamais été affrontés de manière sérieuse et approfondie. Mais il faut aussi et surtout remettre la Centrafrique sur la voie de la réconciliation». Il faut en particulier sortir «du cercle vicieux de haine et de vengeance entre les différentes composantes politiques».

Pour l’instant l’archevêque de Bangui se montre prudent concernant le nouvel homme fort de la Centrafrique, Djotodia. «J’attends que le nouveau chef de l’Etat envoie des messages d’ouverture et de modération lorsqu’il choisira les nouveaux membres du gouvernement. Il en va de sa crédibilité et nous serons très attentifs à ce qu’il entreprendra sur ce thème», conclut Mgr Nzapalainga. (apic/fides/misna/mp)

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