Mettre fin à un conflit social de quatre ans
Suwon, 27 mars 2013 (Apic) Mgr Matthias Ri Iong-hoon, évêque du diocèse de Suwon et président de la Commission ›Justice et Paix’ de l’épiscopat catholique sud-coréen, a escaladé le 25 mars 2013 un pylône supportant une ligne électrique à haute tension. Il a tenté de convaincre deux anciens employés du constructeur automobile ‘Ssangyong’ Motors, retranchés depuis 126 jours sur une plateforme à mi-hauteur, de descendre. Il leur a assuré que seule une issue négociée pouvait mettre fin au conflit social qui dure depuis quatre ans.
A sa descente du pylône, Mgr Lee a déclaré être très inquiet pour la santé des deux hommes. « Après trois mois passés là-haut [au cœur du glacial hiver coréen ndr], ils ne sont pas en bon état. Si un dialogue s’engage, ils ont promis de descendre. L’Eglise fera tout son possible pour y contribuer », a précisé l’évêque de Suwon, dont le territoire comprend la ville de Pyeongtaek, située au sud de Séoul, où se trouve l’usine ‘Ssangyong’ en question.
L’affaire de ‘Ssangyong’ a débuté en avril 2009 lorsque le principal actionnaire chinois du constructeur automobile a refusé de réinvestir dans l’entreprise placée en redressement judiciaire, rapporte l’agence d’information des Mission étrangères de Paris « Eglises d’Asie ». La direction de l’usine de Pyongtaek avait alors annoncé le licenciement de 2’645 personnes, soit 37 % des effectifs. Les syndicats s’étaient immédiatement opposés à cette mesure, réclamant un partage du travail et une injection de fonds publics. Un violent assaut des forces spéciales de la police avait mis fin à une grève de 77 jours et à l’occupation de l’usine par les grévistes.
Rachetée plus tard par le groupe indien Mahindra, l’usine a recommencé à tourner. Mais, à l’exception de 455 anciens salariés placés en congé sans solde, les promesses de réintégration des employés licenciés – et notamment des syndicalistes – n’ont pas été tenues.
Dans la presse et l’opinion publique sud-coréennes, le drame des employés de ‘Ssangyong’ est devenu emblématique des traumatismes causés ces dernières années par les licenciements économiques et la course effrénée au profit et à la productivité des grands groupes. « Le moral des salariés, de leurs familles, des ex-employés est au plus bas. A ce jour, ce conflit social a causé la mort de 24 personnes et on ne peut accepter qu’il y ait de nouvelles victimes. La société doit s’impliquer pour lui trouver une issue », a souligné Mgr Ri Iong-hoon . »
Après la visite de Mgr Lee aux deux syndicalistes sur leur plateforme, l’évêque auxiliaire de Suwon, Mgr Lee Seong-hyo, a célébré une messe en plein air au pied du pylône. (apic/eda/mp)
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