Turin: Ostension télévisée du Saint Suaire
Rome, 30 mars 2013 (Apic) Dans un message vidéo à l’occasion de l’ostension télévisée du linceul de Turin dans l’après-midi du Samedi saint, le 30 mars 2013, le pape François reprend la prière du ‘poverollo’ d’Assise devant le crucifix de la chapelle de Saint-Damien : «Donne moi une foi droite, une espérance solide et une parfaite charité». Voulue par Benoît XVI dans le cadre de l’Année de la foi, l’ostension du Saint-Suaire sera transmise en mondovision de Turin à partir de 17h10 par la chaîne italienne Rai Uno.
Le pape assure également que le «visage défiguré du Christ ressemble à tant de visages d’hommes et de femmes blessés par une vie qui ne respecte pas leur dignité, par des guerres et des violences qui frappent les plus faibles».
L’ostension du Saint Suaire, à laquelle participeront seulement quelques personnes malades et handicapées dans la cathédrale du Turin, sera diffusée par la télévision, en France par la chaîne catholique KTO. L’ostension d’une trentaine de minutes aura lieu au cours d’une cérémonie d’environ une heure et demie, présidée par l’archevêque de Turin, Mgr Cesare Nosiglia.
Cette ostension télévisée n’est pas la première de l’histoire. Il y a 40 ans, le 23 novembre 1973, la télévision italienne avait montré les images du Saint-Suaire exposé verticalement dans un salon du Palais Royal de Turin.
Lors de la précédente ostension publique, en 2010, quelque 2 millions de pèlerins venus du monde entier avaient défilé devant la relique dans la cathédrale de Turin. Benoît XVI, qui avait fait le déplacement lui aussi le 2 mai 2010, avait affirmé que cette «icône extraordinaire» du Samedi saint parlait aux hommes de la vie du Christ et correspondait totalement au récit de sa mort dans les Evangiles.
Texte du message du pape François :
«Chers frères et sœurs, je me place, moi aussi avec vous devant le Saint-Suaire, et je remercie le Seigneur qui nous offre cette possibilité avec les moyens d’aujourd’hui. Même si cela se fait sous cette forme, il ne s’agit pas d’une simple observation, mais d’une vénération, c’est un regard de prière. Je dirais davantage : c’est un se laisser regarder. Ce Visage a les yeux clos, c’est le visage d’un défunt, et pourtant mystérieusement il nous regarde, et dans le silence il nous parle. Comment est-ce possible ? Comment se fait-il que le peuple fidèle, comme vous, veuille s’arrêter devant cette Icône d’un Homme flagellé et crucifié ? Parce que l’Homme du Suaire nous invite à contempler Jésus de Nazareth. Cette image – imprimée dans la toile – parle à notre cœur et nous pousse à gravir le Mont du Calvaire, à regarder le bois de la croix, à nous immerger dans le silence éloquent de l’amour.
Laissons-nous donc rejoindre par ce regard, qui ne cherche pas nos yeux mais notre cœur. Ecoutons ce qu’il veut nous dire, dans le silence, en passant au-delà de la mort-même. A travers le Saint-Suaire nous parvient la Parole unique et ultime de Dieu : l’Amour fait homme, incarné dans notre histoire ; l’Amour miséricordieux de Dieu qui a pris sur lui tout le mal du monde pour nous libérer de sa domination. Ce Visage défiguré ressemble à tant de visages d’hommes et de femmes blessés par une vie qui ne respecte pas leur dignité, par des guerres et des violences qui frappent les plus faibles… Pourtant le Visage du Suaire communique une grande paix ; ce Corps torturé exprime une souveraine majesté. C’est comme s’il laissait transparaître une énergie contenue mais puissante, c’est comme s’il nous disait : aies confiance, ne perd pas l’espérance ; la force de l’amour de Dieu, la force du Ressuscité vainc tout.
Pour cela, contemplant l’Homme du Suaire, je fais mienne, en ce moment, la prière que saint François d’Assise prononça devant le Crucifié : Dieu Très-Haut et glorieux, viens éclairer les ténèbres de mon cœur ; donne-moi une foi droite, une espérance solide et une parfaite charité ; donne-moi de sentir et de connaître, Seigneur, afin que je puisse l’accomplir, ta volonté sainte qui ne saurait m’égarer. Amen».
(apic/imedia/ami/mp)
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