Crime crapuleux ou violence anti-chrétienne ?
Bangalore, 4 avril 2013 (Apic) Le Père. K. J. Thomas, 62 ans, recteur du séminaire pontifical Saint-Pierre à Bangalore, capitale du Karnataka, au sud de l’Inde a été assassiné dans la nuit du 31 mars 2013 par des agresseurs non identifiés et dans des circonstances encore mal définies. La police n’écarte pour le moment aucune hypothèse. La communauté catholique est sous le choc.
«C’est absolument incompréhensible : on ne lui connaissait aucun ennemi, il était très aimé, et venait de voir son mandat reconduit», rapporte à Eglises d’Asie le Père Rossignol, prêtre des Missions Etrangères de Paris (MEP) et lui-même ancien recteur du séminaire de Bangalore.
Le Père Thomas a été retrouvé mort à l’aube du lundi 1er avril, baignant dans son sang, le visage tellement mutilé que ceux qui l’ont découvert ont eu du mal à l’identifier. Les traces de pas, les nombreux coups portés et les traînées de sang semblent indiquer que le prêtre a tenté d’échapper à ses agresseurs – ils auraient été trois selon la police – qui l’auraient poursuivi depuis sa chambre, près de l’entrée du bâtiment, jusqu’au réfectoire situé au rez-de-chaussée pour finir par le battre dans la cour centrale. Ils lui auraient écrasé le visage et la tête à coups de briques. Le corps du recteur a été ensuite traîné jusqu’à la salle de repos des professeurs où il a été retrouvé au petit matin.
La police a déclaré ne vouloir écarter aucune piste. Le mobile du meurtre demeure le principal mystère de l’affaire. «Il y a une possibilité que ce meurtre fasse partie de ces agressions anti-chrétiennes qui se produisent hélas de plus en plus fréquemment au Karnataka, reconnaît le Père Rossignol. Mais l’entourage du Père Thomas et les autres prêtres du séminaire pensent qu’il s’agit d’un crime crapuleux, favorisé par les circonstances et la défaillance de la sécurité.»
L’hypothèse d’une tentative de vol qui aurait mal tourné est mise en doute par le fait qu’aucun objet de valeur n’a été dérobé et que les agresseurs ont également dédaigné le portable, l’iPad et l’ordinateur du prêtre. L’acharnement avec lequel les trois hommes ont massacré le recteur ne plaide pas non plus en faveur d’un incident non prémédité.
Selon la police, les agresseurs, qui ont pénétré par la porte principale, «connaissaient les lieux» et «avaient planifié leur action». L’immense bâtiment était vide de ses 150 pensionnaires – les étudiants venant de partir pour les vacances de Pâques –, les locaux avaient été laissés sans surveillance par les gardiens. (apic/eda/mp)
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