Berne: La DDC a fixé ses priorités pour les trois années à venir
Berne, 4 avril 2013 (Apic) La Direction du développement et de la coopération (DDC) a présenté le 4 avril 2013 à Berne ses priorités pour les années 2013 à 2016. La DDC entend notamment développer sa collaboration avec l’économie privée, afin de trouver des solutions communes efficaces pour réduire la pauvreté. Une telle collaboration a été mise en place en Haïti, grâce à un partenariat novateur avec le parfumeur genevois Firmenich.
La première priorité que s’est fixée la DDC pour les années 2013 à 2016 est de trouver des solutions aux problèmes de pauvreté que connaissent des pays ou des régions dits fragiles, comme Haïti, l’Afghanistan, le Mali ou encore la Corne de l’Afrique. «Près de 1,5 milliard de personnes vivent actuellement dans des pays où les structures étatiques sont défaillantes et où les gouvernements dysfonctionnent ou n’ont pas de légitimité», a souligné lors d’une conférence de presse à Berne le directeur de la DDC Martin Dahinden. La Suisse soutient dans ces régions des projets de développement local et national.
«Nous vivons sur la même planète, et la pauvreté, les changements climatiques ou encore le manque d’eau potable ont un impact sur nous, à savoir la migration», a poursuivi Martin Dahinden, ajoutant: «Ces défis appellent des réponses à l’échelon national et planétaire». Réduire ces risques globaux constitue la deuxième priorité de la DDC pour les trois années à venir. A travers différents programmes ciblés, la Suisse soutient, par exemple, dans le domaine de la sécurité alimentaire, les efforts en vue d’un meilleur respect des droits fonciers.
Entre 2013 et 2016, la coopération suisse s’attachera également à développer sa collaboration avec les entreprises privées. «En combinant les compétences du secteur privé et celles de la DDC, nous pouvons trouver des solutions communes efficaces pour réduire la pauvreté et résoudre les défis globaux», affirme Martin Dahinden.
«Une telle collaboration a été mise en place en Haïti, pays ravagé par un séisme meurtrier en janvier 2010», a indiqué de son côté Maya Tissafi, directrice suppléante de la DDC. La DDC a notamment engagé un partenariat avec le géant genevois des arômes et parfums Firmenich pour développer et soutenir la culture du vétiver. «Environ 1000 producteurs locaux de cette plante, composante de nombreuses fragrances, bénéficient actuellement de ce partenariat, qui leur assure un revenu décent», a souligné Mme Tissafi. «Le projet devrait être étendu à l’ensemble des quelque 30’000 producteurs que compte le pays», a-t-elle ajouté.
Enfin, l’efficacité de la coopération internationale est la quatrième priorité de la DDC. En 2014, un rapport sera présenté sur le travail de la coopération suisse dans le domaine du changement climatique.
Haïti figure depuis 2013 sur la liste des pays dits fragiles dans lesquels se concentre l’action de la DDC. Le séisme du 12 janvier 2010 a durablement fragilisé le pays, le plus pauvre d’Amérique latine, où près de 80% de la population vit avec moins de deux dollars par jour. L’Etat n’est aujourd’hui pas en mesure de fournir la sécurité et les services de base comme l’accès aux soins et l’éducation sans appui extérieur.
En 2012, la Confédération a attribué près de 12 millions de francs à l’aide d’urgence et à la reconstruction en Haïti. «Ces moyens ont été attribués à l’amélioration des infrastructures de base», a indiqué Maya Tissafi, directrice suppléante de la DDC.»Par exemple, la DDC soutient un programme de construction de bâtiments répondant aux normes antisismiques et anticycloniques ainsi que le projet ‘Eau potable et assainissement’, mis en œuvre par Helvetas Swiss Intercoopération, qui permet à quelque 30’000 personnes d’avoir accès à l’eau potable», a-t-elle expliqué.
La DDC a par ailleurs lancé une initiative novatrice pour soutenir les paysans haïtiens: elle a conclu un partenariat avec la firme genevoise Firmenich, spécialiste de la création d’arômes alimentaires et de parfums. Firmenich est l’un des principaux acheteurs d’huile de vétiver en Haïti, une matière première utilisée dans la fabrication de parfums pour homme. Le partenariat entre l’entreprise et la DDC vise à améliorer les conditions de travail des producteurs de vétiver ainsi que l’impact de leurs activités sur l’environnement.
Firmenich va ainsi apporter les connaissances nécessaires pour améliorer la qualité et la quantité de la production de racines de vétiver de manière durable. «Comme la firme souhaite acheter une huile de vétiver produite dans des conditions respectueuses de l’environnement et des principes du commerce équitable, les distillateurs locaux seront amenés à adapter leurs méthodes de production et à mieux payer les petits producteurs qui les fournissent», détaille Maya Tissafi .
Aujourd’hui, la catastrophe humanitaire a été surmontée en Haïti, mais il reste encore beaucoup de problèmes à résoudre. «Les bases du développement social et économique doivent être renforcées, de manière à ce que les jeunes Haïtiens puissent se sortir de la pauvreté sans être contraints à l’exil», conclut la directrice suppléante de la DDC. (apic/cw)
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