Belgrade: L’Eglise orthodoxe de Serbie hostile à un accord avec le Kosovo
Belgrade, 8 avril 2013 (Apic) L’Eglise orthodoxe de Serbie a demandé dans une lettre ouverte au gouvernement serbe de ne pas trahir ses promesses et de ne céder le Kosovo-Metochie sous aucune condition. Cette prise de position intervient alors que Bruxelles a donné à Belgrade jusqu’à mardi pour dire si elle était prête à œuvrer en faveur d’une réunification entre le Kosovo à majorité albanophone et une enclave peuplée d’environ 50’000 Serbes dans le nord du pays en échange de l’ouverture de négociations en vue d’une adhésion à l’Union européenne.
Dans l’appel adressé au gouvernement serbe, le patriarche Irinej reconnaît que l’Eglise et les croyants sont conscients du moment tragique et de la charge de responsabilité qui pèse sur les épaules du sommet d’Etat au moment actuel difficile et décisif, et même fatidique pour la Serbie.Le chef de l’Eglise orthodoxe serbe souligne que pour cette raison exactement, les prélats considéraient comme leur devoir saint de rappeler les plus hauts officiels de l’Etat les promesses qu’ils avaient faites et que l’Eglise et la majorité énorme du peuple serbe s’attend à voir réalisées.
«La promesse la plus importante que vous, qui avez reçu le mandat du peuple pour diriger le navire serbe dans ces temps tumultueux, avez faite avant et après les élections, c’est que vous n’abandonneriez ou trahiriez jamais le Kosovo, sous quelque circonstances que ce soient», a écrit le patriarche Irinej dans une lettre publiée sur le site de l’Eglise.
«Lorsque nous sommes devant deux maux, le moindre est la meilleure solution, et lorsque les nuages ténèbres se dissiperont, le soleil brillera», poursuit-il.
La lettre est adressée au président nationaliste, Tomislav Nikolic, au Premier ministre Ivica Dacic et au chef du principal parti de la coalition gouvernementale, le vice-Premier ministre Aleksandar Vucic. «La Serbie ne doit pas accepter de payer un prix aussi élevé en anticipant des bénéfices qu’elle n’est pas sûre d’obtenir», a conclu le patriarche Irinej.
Bruxelles a donné à Belgrade jusqu’à mardi pour dire si elle prête à œuvrer en faveur d’une réunification entre le Kosovo à majorité albanophone, qui a déclaré son indépendance en 2008, et une petite enclave peuplée d’environ 50’000 Serbes située dans le nord du pays.
Les Serbes, qui considèrent le Kosovo comme le berceau de la nation serbe et de la foi orthodoxe, ont livré une guerre aux Kosovars albanophones en 1998-1999 pour tenter d’empêcher la sécession de l’ancienne province yougoslave.(apic/kna/am/ag/cw)
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