La bande dessinée chrétienne : un art neuf pour une évangélisation neuve

Fribourg: « Pour une Foi, quelle culture!? » Semaine interdisciplinaire de la Faculté de théologie

Fribourg, 11 avril 2013 (Apic) La bande dessinée, communément appelée le 9e art, est un art neuf tout à fait approprié à la nouvelle évangélisation, estime le jésuite belge Roland Francart. Malheureusement la BD chrétienne souffre d’une diffusion trop restreinte même dans les milieux d’église. Fondateur et directeur du CRIABD (Centre religieux d’information et d’analyse de la BD) à Bruxelles lutte depuis plusieurs décennies pour la faire connaître.

De passage à Fribourg à l’occasion de la Semaine interdisciplinaire de la Faculté de théologie placée sous le titre « Pour une foi quelle culture !? » Roland Francart a tenté de définir un art aux expressions très diverses du conte pour tout petits aux ouvrages pour adultes en passant par les mangas japonais.

Tombé dans la marmite quand il était petit, il avoue que la bande dessinée a joué un rôle dans de sa vocation religieuse avec notamment la découverte de l’histoire de Don Bosco mise en images par le dessinateur belge Jijé en 1941. Cet ouvrage qu’il considère comme l’élément fondateur de la BD chrétienne a été un véritable besteller avec plus de 500’000 exemplaires vendus, il est toujours réédité. Histoires bibliques, vie des saints, adaptation de romans historiques, fiction, humour, la BD chrétienne se décline aujourd’hui dans tous les genres.

« En visite au Vatican pour promouvoir la BD chrétienne, je me suis rendu dans trois dicastères, témoigne Roland Francart. Au Conseil pontifical pour la culture, au conseil des communications sociales et à celui de la Nouvelle évangélisation. Pour lui la BD participe bien de ces trois domaines.

Le cinéma sur papier

Si l’image remonte aux sources de l’ère chrétienne la bande dessinée, a ceci de particulier qu’elle se définit par une séquence d’images suivies laissant l’imagination du lecteur formuler un récit. A ce titre, elle s’apparente au cinéma avec lequel elle évolue parallèlement. On l’appelle parfois le cinéma sur papier ou le cinéma du pauvre. Pour Roland Francart, la qualité d’une BD chrétienne se mesure à l’intérêt du scénario, au dessin, aux couleurs et la beauté de l’objet, mais surtout à sa capacité à ouvrir à la spiritualité, à conduire à la prière. C’est ainsi que le CRIABD labellise les BD « chrétiennes » et publie chaque année un catalogue de ces ouvrages.

Car il existe aussi des BD qui racontent par exemple des histoires de la Bible mais qu’on ne peut pas qualifier de chrétiennes, car elles cherchent plutôt à décrédibiliser la foi.

La difficulté principale de la BD chrétienne pour Roland Francart est liée à sa diffusion. Le plus souvent les librairies religieuses ne s’intéressent pas à la BD et les librairies spécialisées ne se préoccupent pas de questions chrétiennes. La demande est pourtant bien réelle estime le religieux. Lui-même ne manque pas d’aller en proposer occasionnellement à la sortie des églises. Le CRIABD gère aussi un site internet et diffuse la revue « Gabriel ». Il est également reconnu par le milieu professionnel et participe depuis de nombreuses années aux festivals de BD dans lesquels il distribue des prix.

A travers l’évocation d’une vingtaine de titre des meilleurs BD chrétiennes parues entre 1941 et 2012, Roland Francart a retracé l’évolution du genre. Du jeune Jean Bosco de Jijé faisant le funambule sur une corde tendue entre deux oliviers à Jeanne la Pucelle de Jean-François Cellier, délicieusement nue dans un clair-obscur avant de s’habiller pour la guerre. Un image vaut mille mots dit l’adage.

Semaine interdisciplinaire de la Faculté de théologie de Fribourg 2013

En choisissant pour thème « Pour une Foi, quelle culture!? », avec le sous-titre « quand Dieu s’invite dans les arts et les médias », les organisateurs de la Semaine interdisciplinaire de la Faculté de théologie de Fribourg 2013 n’ont pas craint de viser très large admet le Fère Pierre de Marolles. En quatre jours de conférences, de débats, de projections de films et de spectacles, les participants ont balayé la musique, les médias, l’image et la littérature! Une confrontation fructueuse aux yeux du dominicain. Entre les tenants d’un art au service de la foi et de la transcendance et ceux d’une démarche autonome de l’art libéré de toute dépendance. Une façon aussi pour les organisateurs de sortir du carcan académique habituel.

(apic/mp)

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