Vietnam: Human Rights Watch dénonce la répression contre les Eglises et religions
Hanoi, 19 avril 2013 (Apic) Dans son rapport sur la situation des droits de l’homme au Vietnam, paru le 9 avril dernier, Human Rights Watch (HRW) a consacré sept pages à la liberté religieuse. Le gouvernement vietnamien n’a cessé de la restreindre au cours de ces derniers mois, dénonce l’organisation dans un document repris par « Eglises d’Asie ». Pour cela, trois types de moyens ont été utilisés: des interdictions inscrites dans la loi, un contrôle exercé sur l’activité des religions, et la répression violente.
« Il n’y a pas de liberté religieuse ». Le titre du sous-chapitre du rapport consacré à cette question est éloquent. HRW dénonce en particulier le décret de mise en application de l’ordonnance de 2004 concernant les croyances et la religion, adopté l’an dernier.
Ce nouveau décret « méticuleux et tatillon » renforce le contrôle gouvernemental sur la formation et la nomination des membres du clergé, sur la restauration des édifices religieux, affirme l’organisation de défense des droits humains. Les règles concernant les « organisations religieuses » et leurs activités sont devenues plus sévères. Elles stipulent, par exemple, que l’Etat peut dissoudre toute organisation religieuse s’il juge qu’elle porte atteinte à la sécurité nationale, si elle sème la division parmi le peuple ou trouble l’ordre public.
Par ailleurs, HRW dénonce l’utilisation de certains articles du Code pénal pour faire condamner devant les tribunaux certains militants de la liberté religieuse. De nombreuses condamnations ont été portées contre eux pour des crimes comme « tentative de renversement du pouvoir populaire », « trouble de l’ordre public », « résistance à un agent dans l’exercice de ses fonctions », etc. Le rapport passe en revue une douzaine de procès où le recours au Code pénal a servi à restreindre la liberté religieuse. De même, la loi sur la propriété collective des terres a été utilisée à maintes reprises pour justifier des spoliations de propriétés appartenant aux diverses organisations religieuses.
Dans une seconde partie, le rapport souligne le renforcement du contrôle de l’Etat sur l’organisation des activités religieuses. Il souligne en particulier l’emprise désormais totale du ministère de l’Intérieur sur le Bureau des Affaires religieuses, puisque son directeur n’est autre que le général Pham Dung, ancien chef de la Sécurité générale. Cette situation a provoqué des scissions à l’intérieur même des communautés religieuses. C’est ainsi qu’il existe un bouddhisme unifié indépendant et séparé du bouddhisme patronné par l’Etat, un bouddhisme Hoa Hao « originel » distinct du bouddhisme Hoa Hao soumis aux directives du Front patriotique.
Selon le rapport de HRW, la troisième forme de restriction religieuse, à savoir la répression violente, est utilisée en guise d’avertissement ou lorsqu’un événement échappe au contrôle habituel des autorités. Les répressions violentes ont été très nombreux en 2012. Parmi les cas rapportés figurent l’agression du Père Nguyên Quang Hoa dans le diocèse de Kontum, la destruction d’un orphelinat et l’agression contre son directeur dans le diocèse de Hanoi, l’attaque et la destruction de l’église de Cin Cuong dans le Nge An par une troupe de 400 policiers et hommes de main … Il ne s’agit là que du début d’une longue liste de persécutions brutales citées par le rapport de l’association humanitaire. (apic/eda/bb)
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