Il faut désarmer les rebelles de la Seleka
Bangui, 8 mai 2013 (Apic) L’archevêque de Bangui, en République centrafricaine, Mgr Dieudonné Nzapalainga, et deux autres évêques ont adressé au président Michel Djotodia une lettre pour lui demander mettre un terme aux agissements des rebelles de la Seleka. Ces derniers continuent de commettre des exactions dans le pays, rapporte le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA).
Mgr Nzapalainga, Mgr Nestor Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa, et Mgr Cyr Nestor Yapaupa, évêque d’Alindao, appellent le président Djotodia, à lancer un processus de désarmement des rebelles. Ils réclament également le rapatriement «des avoirs volés», transférés au Tchad et au Soudan, et une indemnisation de l’Eglise catholique pour tous les biens volés, pillés ou vandalisés.
Les trois évêques critiquent la logique de la guerre, qui a conduit à la situation actuelle, et fustigent les violences commises contre la population par les rebelles du Seleka. Ces violences ont pour noms: torture, recrutement d’enfants soldats, déplacements de personnes, pillages de bâtiments publics, d’hôpitaux, d’écoles, violences sexuelles contre les femmes et les filles, etc…
La lettre des évêques au chef de l’Etat intervient après d’une attaque armée contre le village de Ouango, à la frontière avec la République Démocratique du Congo, au cours de laquelle, les rebelles ont tué neuf personnes, incendié 400 maisons, pillé une église catholique, et profané son tabernacle.
De son côté la Commission épiscopale Justice et Paix a réagi de manière très virulente et très inquiète. «La République Centrafricaine bouge très négativement avec l’arrivée au pouvoir du chef rebelle autoproclamé président de la République», affirme-t-elle, dans un message daté du 5 mai 2013.
Depuis lors, les violences et les saccages à l’encontre des civils et des communautés chrétiennes se sont multipliés, dénonce le document signé par Mgr Albert Vanbuel, évêque de Kaga-Bandoro et président de la Commission Justice et Paix. Dans le pays s’est instauré un «climat malsain, favorisé par l’absence de l’administration, des atteintes à l’ordre constitutionnel et aux droits humains».
Justice et Paix dénonce «une rébellion d’extrémisme religieux aux intentions maléfiques caractérisées par la profanation et la destruction programmée et planifiée des édifices religieux, notamment des chrétiens et, en particulier, les églises catholiques et protestantes». «Sur toute l’étendue du territoire national, l’Eglise catholique a payé le prix fort de tous les dégâts» dénonce le communiqué. Plusieurs prêtres et religieuses ont par ailleurs été agressés au cours de ces derniers mois.
La Commission Justice et Paix lance un appel au dialogue national afin de faire sortir le pays du gouffre de la violence et propose la création d’une Commission ‘Vérité et Réconciliation’. (apic/ibc/fides/mp)
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