Arabie Saoudite: Des milliers de domestiques philippines coincées dans l’attente de leur rapatriement

Elles ont fui les employeurs qui les maltraitaient

Riyad, 8 mai 2013 (Apic) Entre 3’500 et 5’000 employées de maison philippines attendent depuis un mois dans des campements de fortune devant les consulats des Philippines à Riyad et à Djedda, en Arabie Saoudite de pouvoir rentrer dans leur pays d’origine, rapporte l’agence d’information des Mission étrangères de Paris « Eglises d’Asie ».

Ces migrantes, avec parfois des enfants en bas âge font partie des milliers d’employés philippins en Arabie Saoudite qui se sont retrouvés sans permis de travail valide suite à la politique de « saoudisation » décrétée le 6 avril dernier par le roi Abdallah.

Dans le cadre de ce programme, le gouvernement saoudien a donné jusqu’au 9 juillet 2013 aux travailleurs étrangers pour régulariser leur contrat de travail, sauf à risquer le paiement d’une amende et l’expulsion du territoire national, voire l’arrestation et l’emprisonnement. Si pour l’ensemble des travailleurs étrangers en situation irrégulière, la mesure a été perçue comme une menace très réelle, elle offre, pour une partie des domestiques victimes d’abus de la part de leur employeur, l’opportunité de fuir enfin le royaume où toute sortie du territoire est conditionnée à l’obtention d’une lettre d’approbation de son employeur.

2’000 dollars d’amende pour rupture du contrat de travail

Mais une fois parvenus dans le camp de tentes des consulats, les migrantes sont encore loin d’avoir achevé leur odyssée. Les autorités saoudiennes leur réclament en effet la lettre d’approbation de l’employeur et le passeport qui leur avaient servi à entrer dans le royaume. Les employeurs font généralement la sourde oreille voire exigent le paiement par leur ancien employé des coûts d’agence engagés lors de l’embauche, ou simplement refusent de rendre les passeports.

Face à cet imbroglio, les Philippines, qui comptent entre 0,6 et 1,2 million de ressortissants émigrés en Arabie Saoudite, ont engagé des négociations avec Riyad. Manille a déclaré être prête à prendre en charge le coût de 4’000 billets d’avion. Elle a demandé en échange aux autorités saoudiennes de lever les obstacles administratifs et de ne pas réclamer l’amende de 2’000 dollars imposée aux employés rompant leur contrat de travail. Riyad a fait un geste le 7 mai en déclarant qu’entre 30 et 50 employées de maison pourraient regagner les Philippines chaque semaine. Le ministère philippin des Affaires étrangères a plaidé pour que le quota soit augmenté à 150 ou 200 personnes. La ministre philippine du travail, Rosalinda Baldoz, doit se rendre la semaine prochaine dans le royaume pour tenter de trouver une solution. (apic/eda/mp)

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