La Suisse reconnaît les risques mais refuse de prendre des mesures
Berne, 16 mai 2013 (Apic) La coalition ‘Droits sans frontières’ a vivement critiqué le 15 mai 2013 le refus de la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats (CPE-E) de donner suite à sa pétition munie pourtant de pas moins de 135’285 signatures. Une telle attitude passive nie totalement la réalité des victimes de violations des droits humains dans le cadre de l’exploitation des ressources naturelles.
La coalition ‘Droit sans frontières’ a déposé en juin 2012 une pétition munie de 135’285 signatures. Elle demandait au Conseil fédéral et au parlement d’introduire des dispositions contraignantes afin que les multinationales domiciliées en Suisse aient l’obligation de respecter les droits humains et les normes environnementales partout dans le monde et que les victimes puissent exiger réparation dans notre pays.
Des multinationales suisses continuent de porter atteinte aux droits humains et à l’environnement, constate « Droits sans frontières ». La Commission de politique étrangère l’admet elle –même en écrivant : « L’ensemble de la commission reconnaît que les droits de l’homme et les standards internationaux doivent impérativement être respectés par les multinationales. » Mais la majorité de la commission n’est pas prête à tirer les conséquences de cette analyse. Pour « Droits sans frontières » seule l’adoption par la Suisse d’une réglementation adéquate pourrait permettre de garantir le respect impératif de ces standards.
Pour « Droits sans frontières », « de belles paroles ne bénéficient ni à la crédibilité de la Suisse ni aux victimes des activités de firmes suisses ». La CPE-E nie l’évidence de la responsabilité de la Suisse en tant que siège de multinationales. Elle a ainsi également refusé un postulat demandant un rapport sur les moyens d’améliorer l’accès à la justice des victimes de violations des droits humains. Il serait grand temps de réduire enfin cette zone de non-droit. ‘Droit sans frontières’ demande instamment au Conseil fédéral d’adopter une position claire dans sa stratégie de mise en œuvre des principes de l’ONU sur l’économie et les droits humains. Il doit montrer quelles mesures concrètes il préconise pour assumer sa responsabilité d’Etat siège d’innombrables multinationales.
(apic/com/mp)
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