«Les Suisses Charles Vögele et Tally Weijl refusent toujours de signer le texte», dénonce la Déclaration de Berne

Suisse: Plus de 30 marques signent l’accord sur la sécurité au Bangladesh

Lausanne, 16 mai 2013 (Apic) Suite à l’effondrement d’une usine textile à Dacca, 31 entreprises ont signé l’accord des syndicats textiles internationaux et de la Campagne Clean Clothes (CCC) pour plus de sécurité dans les bâtiments et pour la protection contre les incendies au Bangladesh, rapporte la Déclaration de Berne dans un communiqué le 16 mai 2013. Deux entreprises suisses font exception: Charles Vögele et Tally Weijl.

Les fournisseurs de ces marques de vêtements couvrent une part importante de l’industrie textile locale. Charles Vögele et Tally Weijl, deux poids lourds suisses avec une production importante au Bangladesh, refusent pourtant toujours de prendre plus de responsabilité pour améliorer la sécurité de leurs couturières.

L’accord sur la sécurité marque un tournant pour l’industrie textile au Bangladesh. Selon un communiqué de la Déclaration de Berne, les entreprises signataires s’engagent à respecter un texte transparent et contraignant comprenant une forte représentation des syndicats et une participation financière aux rénovations des usines.

«Malgré les nombreux appels lancés par la Déclaration de Berne et UNIA à Charles Vögele et Tally Weijl, ces deux entreprises refusent pourtant toujours de signer ce texte», écrit l’ONG. Dans un courrier du 14 mai 2013, le directeur de Charles Vögele, Markus Vögeli, réplique que les conditions de production au Bangladesh ne peuvent être améliorées «qu’avec une solution qui couvre la branche de manière large». Or ces 31 marques signataires représentent de manière effective une part importante de l’industrie textile bangladaise. En effet, H&M fait produire de la marchandise dans près de 260 fabriques au Bangladesh et Zara dans près de 350.

Tally Weijl a communiqué à la Déclaration de Berne et UNIA que l’entreprise «conduirait de nouveaux audits dans les prochains mois auprès de ses fournisseurs bangladais». Ce sont justement de tels contrôles qui ont été menés par le BSCI (Business Social Compliance Initiative) et par TÜV Rheinland/Bangladesch dans l’usine qui s’est effondrée le 24 avril.

Plus de 1000 morts

L’effondrement du Rana Plaza à Dacca, le 24 avril 2013, a provoqué la mort de 1127 personnes et a fait 2438 blessés. Les secours ont depuis stoppé les recherches. Le montant des compensations pour les victimes et leurs familles est estimé à 54 millions d’euros.

Selon les rapports des partenaires locaux de la CCC, la tragédie, en plus du deuil, provoque de graves problèmes financiers pour les personnes concernées. Jusqu’à ce jour, 12 entreprises, dont Benetton, El Corte Ingles et Mango, ont confirmé qu’elles faisaient produire dans l’usine en ruine. Beaucoup d’autres marques n’ont pas confirmé leurs relations commerciales et ralentissent ainsi les négociations de dédommagements pour les victimes.

La CCC attend des clients qui se fournissaient auprès des ateliers de confection installés dans le Rana Plaza qu’ils prennent part aux négociations avec les syndicats bangladais et le syndicat international IndustriALL, de même qu’ils garantissent des dédommagements. En plus des entreprises textiles, il est aussi attendu du gouvernement bangladais de même que de l’Association de travail bangladaise (BGMEA) qu’ils versent des compensations pour les familles des victimes. (apic/com/cw)

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