Prague : Pas encore de nouveau primat orthodoxe après quatre tours de scrutin

Une élection sur fond de tensions internes

Prague, 21 mai 2013 (Apic) Après quatre tours de scrutin, le synode de l’Eglise orthodoxe de Tchéquie n’est pas parvenu à élire un successeur au métropolite Krystof de Prague. Krystof, à la tête des quelque 100’000 orthodoxes de Tchéquie et de Slovaquie, avait été contraint à la démission le 12 avril dernier, suite à des révélations sur sa paternité de plusieurs enfants illégitimes. L’élection se déroule sur un arrière-fond de tensions internes à l’orthodoxie tchécoslovaque.

Aucun des candidats en lice n’a réussi à obtenir la majorité requise pour être élu. La date pour un prochain tour d’élection n’a pas encore été fixée. Dans l’attente d’un nouveau chef, c’est le métropolite Siméon d’Olomouc, âgé de 87 ans, qui assure l’interim. La situation de l’orthodoxie tchèque est délicate, à la veille de la fête des saints Cyrille et Méthode où elle a prévue de recevoir le patriarche oecuménique de Constantinople Bartholomée Ier ainsi que les représentants des 14 Eglises orthodoxes autocéphales.

Des circonstances peu claires

Les circonstances de la démission du métropolite Krystof ne semblent pas très claires. Son départ a fait suite à des révélations selon lesquelles il serait le père d’une dizaine d’enfants illégitimes. Krystof a reconnu être le père de deux filles, conçues avant d’avoir prononcé ses vœux monastiques en 1985. Mais il a nié les autres cas et s’est déclaré prêt à se soumettre à des tests ADN. Ordonné prêtre en 1974, Krystof est devenu moine en 1985. Dans l’orthodoxie les prêtres peuvent être mariés, mais les moines et les évêques sont célibataires.

Une semaine après sa démission, une des femmes qui l’accusaient s’est rétractée expliquant avoir été poussée à la diffamation par le métropolite Siméon d’Olomouc.

Selon certains observateurs, le métropolite Krystof pourrait être victime d’une cabale autour de la question de la restitution des biens d’Eglise confisqués par les communistes. Il aurait eu la volonté de consacrer la totalité des moyens ainsi récupérés (env. 48 millions de francs) à des buts caritatifs plutôt que d’offrir des primes à son clergé. Une pétition a circulé pour demander son maintien mais elle est restée lettre morte. (apic/kap/mp)

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