Tanzanie: l'Eglise dénonce les persécutions contre les chrétiens

Le président de la Conférence épiscopale déplore la passivité du gouvernement

Dar es-Salaam, 23 mai 2013 (Apic) Après le récent attentat perpétré lors de l’inauguration de la paroisse de Saint Joseph Artisan d’Arusha, Mgr Tarcisius Ngalalekumwta, évêque d’Iringa et président de la Conférence épiscopale de Tanzanie dénonce la persécution à l’encontre des chrétiens de Tanzanie. Il déplore la passivité du gouvernement face à ces menaces.

Dans son homélie lors des obsèques des trois victimes de l’attentat de la paroisse St-Joseph, l’évêque relève que «différents signes avant-coureurs avaient annoncé ces actes inhumains, sauvages, honteux et indignes de notre pays. De plus, des intimidations contre l’Eglise et ses responsables ont été enregistrées dans des publications, des opuscules, des revues, des DVD, des CD et à la radio, menaces qui ont été suivies par l’incendie d’églises, des attaques et des meurtres de responsables de l’Eglise».

L’agence missionnaire vaticane Fides rappelle qu’en février, le Père Evarist Mushi a été tué à Zanzibar alors qu’à Noël un autre prêtre catholique, le Père Ambrose Mkenda, avait été grièvement blessé dans une embuscade. En outre, un certain nombre d’églises avaient été saccagées.

Eradiquer le christianisme dans le pays

Mgr Ngalalekumwta dénonce en particulier la propagande violente de certains responsables musulmans extrémistes à l’encontre de l’Eglise. Il rappelle à titre d’exemple la réunion du 15 janvier 2011 d’un groupe de musulmans au Diamond Jubilee Hall de Dar es Salaam, au cours de laquelle il avait été affirmé que la Tanzanie «est gouvernée de manière chrétienne». Le groupe en question a également demandé la fermeture de la nonciature. «Leur objectif, selon leurs déclarations et leurs publications, est d’éradiquer le christianisme», affirme Mgr Ngalalekumwta.

«Ce qui est vraiment triste pour nous est que notre gouvernement n’a jamais condamné les revendications et les accusations de ces personnes pas plus qu’il ne les a arrêtées», souligne le président de la Conférence épiscopale.

Mgr Ngalalekumwta, après avoir rappelé que les extrémistes ne représentent pas la majorité des musulmans tanzaniens, a conclu en soulignant que le processus de construction de la nation est fondé sur les sentiments «de paix, d’amour, d’unité et de solidarité que nous avons hérité des pères fondateurs de la nation». La Tanzanie compte 62% de chrétiens pour 35% de musulmans et 3% de membres des religions traditionnelles. (apic/fides/mp)

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