Rome: Le pape condamne une nouvelle fois la traite des êtres humains
Rome, 24 mai 2013 (Apic) La traite des personnes, particulièrement celle des enfants, est «une activité ignoble, une honte pour nos sociétés qui se disent civilisées», a déploré avec force le pape François le 24 mai 2013. Il s’exprimait devant les membres du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, au dernier jour de leur assemblée plénière.
Le pape a évoqué le nouveau document préparé par le dicastère en charge des migrants, intitulé «Accueillir le Christ par le biais des réfugiés et des personnes contraintes à abandonner leurs racines», publié le 6 juin prochain. Ce texte, a-t-il relevé, attire l’attention sur les millions de réfugiés et d’apatrides, en abordant aussi le fléau des trafics d’êtres humains, qui concernent de plus en plus les enfants, impliqués dans les pires formes d’exploitation et qui sont même embrigadés dans des conflits armés.
Les exploiteurs et leurs clients, à tous les niveaux, «devraient faire un examen de conscience sérieux», a souligné le pape.
Le pontife a appelé à ce que «la dignité et la centralité de chaque personne soient toujours défendues, dans le respect des droits fondamentaux», ces derniers devant être étendus à des millions d’hommes et de femmes sur tous les continents. «Dans un monde où l’on parle beaucoup de droits, combien de fois la dignité est de fait piétinée», a déploré le pontife.
Quittant son texte des yeux, le pape a regretté que «seul l’argent ait des droits». Et de constater amèrement : «Nous vivons dans un monde où l’argent commande, dans une culture où règne le fétichisme de l’argent».
L’exploitation des êtres humains, notamment à des fins économiques, est particulièrement scandaleuse aux yeux du pape, qui s’est exprimé à plusieurs reprises sur ce thème. Au jour de la fête de saint Joseph travailleur, le 1er mai 2013, il avait dénoncé une société «trop économiste», qui cherche le profit égoïste. Il avait redit sa préoccupation pour le trafic des êtres humains, dénonçant en particulier «le travail qui rend esclave». Ces propos faisaient eux-mêmes écho à ceux prononcés quelques jours plus tôt, dans son premier message de Pâques, le 31 mars. Il définissait la traite des personnes comme «l’esclavage le plus répandu en ce vingt-et-unième siècle».
Devant les membres du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants, le pape a invité les gouvernants, les législateurs et toute la communauté internationale à prendre en considération la réalité des personnes contraintes à abandonner leurs racines, «par des initiatives efficaces et de nouvelles approches». Il est nécessaire selon lui de protéger la dignité de ces personnes, d’améliorer leur qualité de vie et de faire face aux défis que posent de nouvelles formes de persécution, d’oppression et d’esclavage.
A la fin de son discours, en improvisant, le pape a fait part de son admiration pour le travail accompli par le dicastère. Il s’est félicité notamment de l’attention envers les réfugiés au Moyen-Orient, et particulièrement à l’égard de ceux qui ont fui la Syrie.
Prenant la parole juste avant le pape, le cardinal Antonio Maria Vegliò, chef du dicastère, a souhaité que cesse «l’inutile effusion de sang» en Syrie et que la communauté internationale soit interpellé par la lutte quotidienne pour la survie que doivent mener les Syriens. (apic/imedia/cp/rz)
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