Fribourg: L'Institut romand de Formation aux Ministères (IFM) fête ses 25 ans

Plus de 170 agents pastoraux laïcs ont été diplômés depuis 1987

Fribourg, 29 mai 2013 (Apic) Depuis son ouverture, l’Institut romand de Formation aux Ministères (IFM), à Fribourg, a formé plus de 170 agents pastoraux, qui oeuvrent dans les paroisses, centres catéchétiques, mouvements et organisations catholiques de Suisse romande. L’IFM, qui a succédé en 1987 à l’école des catéchistes, fêtera son quart de siècle le 8 juin en compagnie de Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, et de nombreux autres invités.

Après les premiers essais post-conciliaires dans les années 1970 et 1980, l’engagement professionnel des laïcs en pastorale ne fait plus vraiment l’objet de remises en questions ni de critiques. La plupart des paroissiens ne sont plus surpris de voir l’assistante pastorale – et non «monsieur le curé» – organiser la confirmation, animer une célébration non sacramentelle ou préparer les enfants à la première communion.

43 ans après l’ouverture de l’Ecole des catéchistes et 25 ans après son élargissement à différents ministères, dans quelle phase se trouve la collaboration entre prêtres et agents pastoraux laïcs? Quelles sont les perspectives d’avenir? Le point avec Bernadette Lopez, adjointe à la direction de l’IFM.

Apic: Après la crise des vocations de prêtres, certaines régions de Suisse allemande manquent déjà de laïcs engagés professionnellement dans l’Eglise. Qu’en est-il en Suisse romande?

Bernadette Lopez: Ce n’est pas vraiment le cas, me semble-t-il. Les inscriptions sont en augmentation à l’IFM. En 2005, l’année de mon engagement, il y a eu 3 diplômés et 5 entrées. Depuis, il y a en moyenne 10 à 12 étudiants qui débutent chaque année leur formation.

Des problèmes financiers empêchent certains cantons d’engager des laïcs, et donc de les envoyer en formation. Nous avons par exemple moins d’étudiants du Jura et de Neuchâtel. Il arrive donc que des personnes souhaitent s’engager professionnellement en pastorale, mais ne le peuvent pas pour des motifs financiers.

Dans l’Eglise, on prend vraiment conscience qu’il faut des personnes bien formées pour œuvrer en pastorale. Le discernement permet d’abord de vérifier si c’est un vrai appel au service de l’Eglise, et ensuite si le candidat possède les qualités requises pour l’animation pastorale.

Apic: Les laïcs responsables de paroisse (Gemeindeleiter) sont devenus pratiquement la norme dans le diocèse de Bâle. Une réflexion est-elle menée en Romandie pour affronter le moment où le nombre de prêtres sera clairement insuffisant pour assurer la responsabilité des paroisses?

B.L: Il y a effectivement des répondants laïcs dans les unités pastorales (UP), mais toujours en collaboration avec le curé modérateur. La Romandie a misé sur la formation d’unités pastorales, confiées à des équipes composées de prêtres et de laïcs.

L’IFM propose une formation de base, très générale pour que les étudiants puissent assumer des responsabilités diverses dans leurs paroisses ou unités pastorales. Après, il leur appartient de se former ou de s’adapter aux situations qu’ils rencontrent sur le terrain.

Apic: Vous parlez des paroisses ou des Unités pastorales. Mais n’y a-t-il plus de candidats à l’IFM pour se former en catéchèse, dans l’animation des jeunes ou dans l’aumônerie de milieux?

B.L: Depuis 4 ou 5 ans, nous accueillons effectivement toujours plus des laïcs engagés dans la pastorale paroissiale et de moins en moins destinés à se spécialiser dans un autre domaine. Il faut souligner que la plupart de nos étudiants sont appelés à œuvrer dans tous les domaines de la pastorale. Par exemple, ils peuvent devenir responsables de la catéchèse primaire, de la pastorale des jeunes ou encore de la confirmation, dans une UP.

En plus du tronc commun, une part de la formation reste spécialisée, notamment à travers les stages. La spécialisation se fait en partenariat avec les organismes concernés de Suisse romande (Commission romande de catéchèse, …). De plus, le spectre des ministères s’est encore élargi. Nous avons ainsi des laïcs qui oeuvrent en pastorale de rue, auprès des gens du voyage, en aumônerie de prisons, …

Cette diversification démontre une véritable créativité de la part de l’Eglise pour répondre aux besoins de notre temps.

Apic: La collaboration entre agents pastoraux laïcs et prêtres se passe-t-elle bien sur le terrain?

B.L: En général, oui. Mais il y a quand même parfois des difficultés. Il y a de moins en moins de prêtres, et de plus en plus de laïcs formés qui prennent des responsabilités dans les UP.

Cette présence questionne les prêtres sur leur propre identité et sur leur vocation. Ils ne sont plus la seule référence autour de laquelle se fonde la communauté.

L’IFM cherche à créer des liens en vue d’une bonne collaboration sur le terrain. Une fois par année, nous organisons une rencontre entre séminaristes, étudiants en théologie et étudiants de l’IFM afin de mieux se connaître.

Je souligne également qu’en Romandie nous vivons moins une culture du conflit de pouvoir ou de la revendication que dans d’autres régions. Depuis Vatican II, et même avant avec Pie XI, la place des laïcs dans l’Eglise a eu le temps de s’affirmer.

Apic: Quels types d’engagements ont la cote actuellement chez les laïcs dans l’Eglise?

B.L: La plupart sont engagés en pastorale paroissiale. Mais certains travaillent dans d’autres domaines : nous avons actuellement quatre animateurs de jeunes, deux animatrices en pastorale de la santé et deux en pastorale spécialisée (auprès des personnes avec un handicap)… Très peu sont envoyés par les centres catéchétiques, même s’il y a deux étudiantes cette année.

Apic: Quel est l’âge et la situation des étudiants?

B.L: Nous avons beaucoup de personnes mariées. Des femmes en grande majorité. Elles forment peut-être 80% de nos étudiants. La tranche d’âge majoritaire est de 35 à 50 ans. Beaucoup d’étudiantes ont des enfants, parfois même en bas âge ou à l’adolescence. Pour elles, il est important que les vicariats épiscopaux discernent cet envoi en formation avec le mari, afin de prévenir les problèmes, notamment au niveau de l’organisation familiale.

Ces femmes se lancent dans une aventure. Il arrive parfois aussi que leur développement personnel ou leur évolution spirituelle ne soient pas compris par leur famille.

Apic: Y a-t-il parfois des jeunes dans la vingtaine qui se lancent professionnellement en pastorale?

B.L: Ils sont rares, mais cela arrive encore. Le plus jeune de nos étudiants a 24 ans. Et nous avons même eu des plus jeunes que ça ces dernières années. Ils amènent un partage enrichissant avec les étudiants plus âgés, mariés et qui ont des enfants.

Pour entrer à l’IFM, il faut au moins avoir acquis une formation de base (apprentissage) ou la maturité.

Apic: Des changements se profilent-ils dans un avenir proche à l’IFM?

B.L: Un changement va s’opérer dans l’équipe de direction en été 2014. L’abbé Bernard Miserez, directeur, et moi-même, quittons la direction de l’IFM.

Ce changement va de pair avec une réflexion sur la coordination entre les divers lieux de formation en Suisse romande. Comment créer des synergies? Comment mieux faire valoir la spécificité de chacun de ces organismes?

Mais l’IFM, dans sa mission de former des laïcs destinés à œuvrer professionnellement au service de l’Eglise, n’est pas remise en cause. Il se peut même que ses cours s’ouvrent encore davantage à la formation continue des agents pastoraux.

Encadré:

Quatre axes de formation

La formation dispensée à l’IFM est basée sur 4 axes: biblique, théologique, sciences humaines, et pastorale (y compris les stages, organisés par les vicariats épiscopaux et validés par l’IFM).

Le programme de première année est davantage une introduction biblique et théologique. Les cours ont lieu jeudi et vendredi.

Celui de deuxième et de troisième (le même pour les deux années, sur un cycle de 2 ans) est plutôt centré sur la pastorale. Il se déroule lundi et mardi.

Encadré:

Dans la mouvance de Vatican II et des synodes diocésains

L’ouverture de l’Ecole des catéchistes de Fribourg (ECF), en 1970 à la Maison St-Louis à la rue de Morat, se situe dans la mouvance de Vatican II (1962 – 1965) et en parallèle avec les synodes diocésains de Suisse (1972 – 1975). L’engagement professionnel des laïcs était alors pratiquement limité à la catéchèse des enfants. Avec l’étendue des ministères auprès des jeunes, puis en pastorale paroissiale dans les années 1980, l’école se transforme en Institut de Formation aux Ministères et déménage à la Rue de l’Hôpital 11.

Le premier directeur de l’ECF a été l’abbé Gabriel Bullet (1970 – 1974), devenu ensuite évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg. Lui a succédé pour une longue période l’abbé Ambroise Binz (1975 – 1987), qui a ensuite assumé la direction de l’IFM (1987 – 1997). Ont suivi Sylviane Salzmann (1997 – 2002), Nicole Giroud (2002 – 2004), l’abbé François-Xavier Amherdt (2004 – 2007) et l’abbé Bernard Miserez, qui terminera son mandat en 2014.

Encadré:

Programme de la fête des 25 ans de l’IFM

Samedi 8 juin:

– Dès 8h30 à la rue de l’Hôpital 11 à Fribourg: accueil, portes-ouvertes, exposition sur l’histoire de l’IFM et la mission des laïcs depuis Vatican II, réalisée par André Gachet, enseignant.

– 10h: Partie officielle à l’église St-Pierre.

– 10h30: Eucharistie présidée par Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg – Remise des diplômes 2013.

– 12h: Apéritif.

– 13h: Repas à la Mensa de l’Université Miséricorde.

Inscription souhaitée au 026 322 82 15 / e-mail: secretariat@irfm.ch

Note aux médias: Des photos illustrant cet article peuvent être commandées à apic@kipa-apic.ch. Prix pour diffusion: 80 frs la première, 60 frs les suivantes.

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