La mauvaise image de la 'banque du Vatican' est un «obstacle» au message du pape

Rome: Le nouveau président de l’IOR veut restaurer la réputation de l’institution

Rome, 31 mai 2013 (Apic) Le nouveau président de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), Ernst von Freyberg, entend restaurer la réputation de l’institution. Il est convaincu que la mauvaise image de la ‘banque du Vatican’ est un « obstacle » au message du pape. Dans une série d’interviews accordées à un panel de médias internationaux (Financial Times, La Nacion, Radio Vatican…) et publiées le 31 mai 2013, l’Allemand à la tête de l’IOR depuis février dernier souligne l’exemplarité de l’institut et l’importance d’une meilleure communication.

Dans une longue interview accordée au quotidien français « Le Figaro », le président de l’IOR revient tous azimuts sur les grands défis de cet institut, souvent sous le feu des critiques, notamment de la part des médias. Il parle aussi de son engagement dans un processus d’adhésion aux standards internationaux de transparence.

La presse a récemment évoqué une possible fermeture de l’IOR suite à l’élection du pape François. Ernst von Freyberg affirme que, si ce débat est réel, les clients, pour la plupart des religieux disséminés dans le monde entier, ne souhaiteraient pas que cela advienne. Le président de l’Institut indique que ce sujet n’a pas été abordé avec le pontife.

Exemplarité

Dans les colonnes du « Figaro », Ernst von Freyberg affirme que l’IOR est en bonne santé et « exemplaire » d’un point de vue économique. « La plus mauvaise surprise que j’aie trouvée tient à la façon dont nous sommes perçus ». Dès lors, assure-t-il, il s’agit de restaurer la réputation de cette institution afin qu’elle ne fasse plus obstacle au message du pape.

Quelque 19’000 clients, pour un montant total des actifs de 7,1 milliards d’euros: tels sont les chiffres de l’IOR révélés par le président, après la fermeture d’environ 6’000 comptes, dormants ou peu utilisés, souvent avec moins de 100 euros. Ernst Von Freyberg précise que moins de 5% de l’argent confié à l’IOR est investi dans des fonds. Et d’ajouter : « Nous ne prêtons donc guère d’argent. Nous n’investissons pas en participations d’entreprises. Nous n’offrons pas à nos clients des produits bancaires sophistiqués ».

Interrogé sur le limogeage de son prédécesseur, Ettore Gotti Tedeschi, au mois de mai 2012, attribué à des désaccords internes sur la ligne à tenir quant aux efforts de transparence, Ernst von Freyberg indique qu’il n’a rien constaté de tel. A ses yeux, tous sont d’accord sur le principe de mise aux normes des standards internationaux pour lutter contre l’argent sale. D’où la vérification de tous les comptes de l’IOR avec des procédures de contrôle très strictes et une « tolérance zéro ».

Mauvaise communication

Si le président reconnaît que des affaires se sont produites, il souligne le rôle de la « calomnie » dans les scandales auxquels le nom de l’IOR a été associé. Une mauvaise communication est également responsable de cette image négative de l’Institut, fruit d’une « tradition de silence ». Pour inverser la tendance, le président a pour la première fois réuni tout le personnel, une centaine d’employés, pour leur communiquer chiffres, résultats, plans et objectifs. Sur le plan externe, l’IOR sera bientôt muni d’un site internet où son bilan sera accessible à compter du 1er octobre prochain.

Dans une opération de communication évidente, ces éléments sont largement repris dans les différentes interviews accordées à des médias internationaux représentatifs. La section française de Radio Vatican rapporte notamment l’intégralité de l’interview réalisée par la section allemande.

Pour lire l’interview:

http://fr.radiovaticana.va/Articolo.asp?c=697028

(apic/imedia/mm/rz)

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