Inde: Rebondissement dans l’affaire du meurtre du recteur du séminaire de Bangalore

La police veut soumettre l’économe du séminaire au détecteur de mensonge

Bangalore, 12 juin 2013 (Apic) Mise en cause pour son manque de résultats dans le cadre de son enquête sur le meurtre du recteur du séminaire pontifical de Bangalore, survenu le 31 mars dernier, la police indienne a décidé de passer la vitesse supérieure. Et de soumettre au ‘détecteur de mensonge’ l’économe de l’établissement, a annoncé le 10 juin l’agence Ucanews.

Dans la nuit du dimanche de Pâques, le Père K. J. Thomas, 62 ans, recteur du séminaire pontifical Saint Pierre de Bangalore, au Karnataka, était sauvagement assassiné à coups de brique. La piste d’un crime crapuleux ou d’un cambriolage qui aurait mal tourné a été assez vite écartée car l’ipad et l’ordinateur du prêtre n’avaient pas été volés.

Certains soupçons se sont alors portés sur l’économe du séminaire, le Père Patrick Xavier, qui a découvert le corps et dont la chambre était voisine de celle du recteur. Faute de résultats probants, la police souhaite le soumettre à de nouveaux interrogatoires. Ces derniers consistent en une batterie de tests «révélateurs de mensonges», très prisés par les services de police criminelle indiens qui les réservent aux «témoins récalcitrants» malgré l’existence d’une importante controverse internationale sur ce type de procédés.

Deux autres employés du séminaire sont également l’objet des mêmes «examens judiciaires». «Nous vérifions toutes les possibilités», a expliqué l’inspecteur V.S. D’Souza, ajoutant qu’»aucun suspect ne pouvait être éliminé pour le moment» tant que le motif du meurtre du recteur n’était pas davantage cerné.

Selon le Times of India du 11 juin, le prêtre catholique aurait déjà, de son plein gré, subi un interrogatoire sous «IRM fonctionnelle», basé sur le principe selon lequel l’activité cérébrale du suspect est modifiée lorsqu’il est amené à mentir ou à dissimuler des faits.

Le ‘sérum de vérité’

La police a également déclaré avoir demandé l’aval des juges pour soumettre le Père Patrick Xavier au test du polygraphe (détecteur de mensonges) mais aussi au ‘sérum de vérité’ (Penthotal).

La Cour Suprême indienne a réitéré à plusieurs reprises ses fortes réserves concernant ces tests, assimilés à des actes de torture ou considérés comme non-recevables en justice par la plupart des Etats dans le monde.

De son côté, le vice-recteur le P. Savarimuthu Stanislas, à la tête de l’établissement qui a rouvert ses portes le 3 juin pour la rentrée scolaire, a démenti les accusations de la presse selon lesquelles l’Eglise chercherait à couvrir les responsables de l’assassinat du recteur. (apic/eda/mp)

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