200 à 2’000 euros d’amende
Paris, 21 juin 2013 (Apic) Trente-deux militants catholiques intégristes ont été condamnés à Paris à des amendes de 200 à 2’000 euros pour avoir perturbé en 2011 une pièce de théâtre qu’ils jugeaient « blasphématoire ».
Le tribunal correctionnel de Paris a jugé les militants coupables d’entrave à la liberté d’expression. Trois ont écopé d’amendes fermes de 2’000, 1’800 et 1’500 euros. Les autres devront s’acquitter d’amendes de 200 à 800 euros assorties d’un sursis partiel. Ces condamnations sont moins lourdes que les réquisitions du ministère public lequel avait demandé jusqu’à 5’000 euros d’amende. Les prévenus vont faire appel.
« Si les condamnations sont modérées, c’est quand même cher payé pour de la merde! », s’est exclamé l’un des avocats Me François Souchon, soutenant que ses clients avaient défendu « la simple expression d’une idée », rapporte l’agence France presse (afp).
Ces militants avaient été interpellés en octobre 2011 après avoir interrompu la pièce de l’Italien Romeo Castellucci au Théâtre de la Ville, à Paris. Ils protestaient contre la représentation d’un visage du Christ souillé par des excréments. Les manifestants étaient montés sur scène où ils avaient prié et chanté des cantiques. D’autres avaient utilisé des sifflets et lancé des boules puantes, criant « cathophobie, ça suffit » ou « à bas la République ». A l’appel de groupes catholiques intégristes, des centaines de manifestants portant crucifix et chapelets s’étaient rassemblés devant le théâtre à plusieurs reprises pendant une semaine.
Au cours du procès, les militants ont exprimé leur « dégoût devant un spectacle déviant » et ont souligné avoir voulu « défendre l’honneur de la foi catholique ». Ils devront verser chacun 1 euro symbolique de dédommagement pour tort moral au metteur en scène, au théâtre et à la Ville de Paris.
La Conférence épiscopale française avait pris ses distances par rapport aux actions auxquelles avaient participé, entre autres, la paroisse lefebvriste de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris, et l’institut Civitas, lié à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X.
En janvier 2012, le pape Benoît XVI, réagissant à la représentation de la pièce à Bologne et à Milan, avait souhaité que « tout manque de respect envers Dieu, les saints et les symboles religieux suscite la réaction ferme et convenable de la communauté chrétienne ». (apic/ag/mp)
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