Conséquences graves sur la santé et l’approvisionnement en nourriture
Abuja, 21 juin 2013 (Apic) Depuis le 15 mai, le président Goodluck Jonathan a décrété l’état d’urgence dans trois Etats du nord-est du Nigeria touchés par la violence islamiste. Mais la coupure du réseau de télécommunication à Borno, Yobe et Adamawa provoque de graves pénuries en soins médicaux et en approvisionnement de denrées alimentaires, indique l’agence de presse IRIN, de l’ONU.
Pour mener ses opérations militaires, l’armée a coupé le réseau de téléphonie mobile dans de vastes régions de ces trois Etats. Elle procède à des frappes aériennes sur les camps de Boko Haram, faisant un nombre indéterminé de victimes rebelles. Mais la coupure du réseau de télécommunication mobile inquiète les populations, qui commencent à subir de graves conséquences. Du fait que la grande majorité de la population ne dispose pas de lignes téléphoniques fixes, les malades ne bénéficient plus de soins médicaux. Les marchandises disponibles s’épuisent, alors que les prix des denrées alimentaires augmentent.
Abdurrahman Tahir, directeur médical au centre hospitalier de l’Université de Maiduguri, a affirmé à IRIN, que l’hôpital ne pouvait pas envoyer de médecins aux urgences, ni transporter des malades ou des blessés à l’hôpital sans services de communication. « Nous avons ressorti nos vieux émetteurs-récepteurs radio brisés, et acheté des talkies-walkies pour le personnel médical », a-t-il indiqué.
A Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno, les activités commerciales se sont effondrées, les commerçants n’étant pas en mesure de commander des marchandises à leurs fournisseurs de Kano et de Lagos. Les prix du riz, du maïs et du millet ont augmenté de 25 à 150%.
Dans l’Etat de Borno, l’armée a interdit aux camions de circuler, ce qui donne lieu à de graves pénuries, a déploré Bukar Zanna, directeur de l’association des commerçants de la ville de Gamboru Ngala. « Nous craignons de manquer bientôt des denrées essentielles si la situation persiste », a-t-il affirmé à IRIN.
Le lieutenant-colonel Sagir Musa, porte-parole de l’armée dans l’Etat de Borno, a assuré que les restrictions à la libre circulation des marchandises avaient pour objectif d’empêcher que les denrées ne tombent entre les mains de Boko Haram. « Nous avons dit aux leaders des communautés de certaines régions d’informer l’armée s’ils prévoient de se ravitailler, afin que nous puissions leur fournir la couverture sécuritaire nécessaire pour acheminer les marchandises », a-t-il affirmé. (apic/irin/ibc/bb)
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