La Conférence épiscopale veut transformer «les clameurs de la rue» en loi

Brésil : Lancement d’un projet de loi d’initiative populaire

Brasilia, 25 juin 2013 (Apic) Alors que les manifestations continuent dans la plupart des grandes villes du Brésil et qu’un appel à la grève générale est lancé, via les réseaux sociaux, pour le lundi 1er juillet, les initiatives se multiplient pour concrétiser les demandes de la rue. La Conférence épiscopale brésilienne (CNBB) a décidé de lancer, avec le Conseil fédéral de l’Ordre des avocats du Brésil (OAB) et le Mouvement de lutte contre la corruption électorale (MCCE), une initiative nationale pour obliger le Congrès à légiférer sur les revendications de la rue.

La présidente Dilma Rousseff a de son côté annoncé vouloir créer un «grand pacte national» pour améliorer les services publics et proposé l’organisation d’un référendum populaire. Deux semaines après le début du mouvement social qui secoue le pays, la mobilisation continue au Brésil. Chaque jour des milliers de personnes défilent dans les rues des grandes villes et réclament des changements profonds au sein de la société.

Les revendications portées par les manifestants, en majorité des jeunes de la classe moyenne, sont multiples. Elles sont désormais soutenues par une large majorité de la population. C’est ce que démontre une étude d’opinion publiée dans l’hebdomadaire Epoca, affirmant que 75 % des Brésiliens appuient le mouvement.

La CNBB reçue par Dilma Rousseff

Après avoir soutenu ouvertement le mouvement à travers un communiqué publié le 21 juin, et enjoignant les politiques à «écouter les clameurs de la rue», la Conférence épiscopale brésilienne (CNBB) multiplie les initiatives. Le 22 juin, son président le cardinal Raymundo Damasceno Assis a été reçu par la présidente Dilma Rousseff. Le prélat a rappelé la position de l’Eglise catholique du Brésil et a obtenu l’assurance, de la part de la présidente, que l’Etat entendait bien maintenir son engagement d’accueillir les prochaines Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) à fin juillet.

Objectif ; 1,5 million de signatures

Lundi 24 juin, la CNBB a participé, en compagnie du conseil fédéral de l’Ordre des avocats du Brésil (OAB) et du Mouvement de lutte contre la corruption électorale (MCCE), au lancement public d’une pétition nationale pour un projet de loi d’initiative populaire pour «obliger le Congrès à voter immédiatement les justes revendications de la société exprimées dans la rue», par des centaines de milliers de manifestants.

L’objectif de la CNBB et de ses partenaires est de récolter 1,5 million de signatures dans les 30 jours, soit le nombre minimum nécessaire pour lancer le processus législatif qui doit être approuvé, sanctionné et publié au Journal officiel de l’Union (l’Etat fédéral) au plus tard le 5 octobre, exactement un an avant les prochaines élections présidentielles.

Réforme du système électoral

Parmi les revendications figure notamment la «Réforme politique maintenant», une initiative accompagnée par 70 organisations de la société civile qui propose de revoir profondément le système électoral, notamment en «interdisant les dons d’entreprises, en promouvant la transparence dans le processus électoral et en garantissant la liberté d’expression pour les électeurs». Autre point, le combat contre la corruption, à travers une réforme politique qui s’attaque à la corruption électorale et garantit la liberté d’expression sur internet.

Contrôler les dépenses publiques

En outre, le projet de loi d’initiative populaire devra stimuler la mise en place de «Comités de contrôle social des dépenses publiques», y compris celles engagées dans le cadre de l’organisation de la Coupe du Monde 2014. Les promoteurs entendent également inclure l’obligation pour les municipalités de produire des tableaux sur l’établissement des tarifs des transports collectifs.

Au moins 10% du PIB pour la santé et l’éducation

Autre objectif important du projet, l’obligation pour le gouvernement d’investir massivement dans les secteurs de la santé et de l’éducation, quitte à y consacrer, pour chaque poste, 10% du produit intérieur brut (PIB). Le projet de loi devra enfin inclure la création urgente d’un Code de défense des usagers des services publics. (apic/jcg/mp)

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