Une révolution au sein de la ›banque du Vatican’ voulue par le pape François
Rome, 2 juillet 2013 (Apic) Le Saint-Siège a annoncé le 1er juillet 2013 que Paolo Cipriani, le directeur de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), la ‘banque du Vatican’, et son adjoint Massimo Tulli, ont démissionné. Cette décision, inattendue, intervient quelques jours après la mise en place d’une commission chargée par le pape François d’enquêter sur l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), mais également trois jours après l’arrestation par la police italienne d’un prélat qui aurait utilisé la ›banque du Vatican’ pour blanchir de l’argent.
Le Conseil de surveillance et la commission des cardinaux à la tête de l’IOR ont ainsi accepté la démission de Paolo Cipriani, directeur général, et de son vice-directeur, Massimo Tulli. C’est le président de la ›banque du Vatican’, Ernst von Freyberg, poursuit le communiqué, qui assume désormais les fonctions de directeur provisoire. Il sera épaulé par Rolando Marranci en qualité de vice-directeur et par Antonio Montaresi dans le nouveau rôle de ›chief risk officer’.
«Depuis 2010, l’IOR et sa direction ont travaillé sérieusement» pour placer l’institution au niveau des standards internationaux en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, explique Ernst von Freyberg. «Si nous sommes reconnaissants pour les résultats obtenus, poursuit-il, il est clair aujourd’hui que nous avons besoin d’une nouvelle direction pour accélérer le rythme de ce processus de transformation».
Le Conseil de surveillance a d’ores et déjà lancé un processus de sélection afin de nommer une nouvelle direction dans un futur proche.
Cette décision inattendue intervient alors que le pape François a entrepris d’enquêter lui-même sur les agissements menés au sein de l’IOR, largement controversé et au cœur de l’affaire dite des ›Vatileaks’. Le souverain pontife a ainsi créé, le 26 juin dernier, une commission pontificale qui devra rapporter ses travaux au pape, lui permettant de mieux connaître la position juridique et les activités de la ›banque du Vatican’, en vue d’une meilleure harmonisation de cette institution avec la mission de l’Eglise.
La création de cette commission d’enquête est probablement liée aux problèmes qui se sont accrus ces dernières semaines entre la justice italienne et la ›banque du Vatican’. Mgr Nunzio Scarano, comptable au sein d’une institution du Saint-Siège arrêté le 28 juin dernier car soupçonné de fraude et de corruption, était notamment l’objet d’une enquête depuis un mois et avait été suspendu de ses fonctions.
Les enquêtes par le tribunal de Rome pourraient ainsi être à l’origine des démissions à la tête de l’IOR, selon le quotidien italien «La Repubblica», qui parle de «révolution» au sein de la ›banque du Vatican’, voulue par le pape François. Le Saint-Siège a par ailleurs fait connaître son intention de collaborer pleinement avec la justice de la péninsule dans les affaires de fraude.
Selon Il Corriere della sera, les «premières têtes» de l’opération transparence amorcée dans l’institution «sont en train de tomber». Outre un renforcement des mesures de contrôles sur les transferts d’argent, il apparaît clairement que ces changements passent par un renouvellement des personnes qui gèrent l’institution depuis de nombreuses années.(apic/imedia/mm/rz/cw)
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