Certaines modifications constituent même une régression
Le Caire, 10 juillet 2013 (Apic) La Constitution provisoire adoptée dans la nuit du 8 juillet par le président par intérim Adly Mansour provoque des réactions de préoccupation dans les Eglises chrétiennes. «Ils se moquent de nous. Les dispositions qui paraissaient exécrables dans l’ancienne Constitution aux yeux des chrétiens sont même mises en évidence dans le nouveau texte», dénonce à l’agence vaticane Fides l’évêque copte catholique de Minya, Mgr Botros Fahim Awad Hanna.
L’entrée en vigueur du nouveau texte constitutionnel provisoire – qui devrait demeurer en vigueur pendant au moins six mois – représente un passage important sur la feuille de route de la transition lancée avec la destitution de Mohamed Morsi.
Certaines modifications introduites par le nouveau texte constitutionnel représentent même, aux yeux de certains militants chrétiens, une régression par rapport à la constitution de type islamiste approuvée sous le gouvernement dominé par les Frères musulmans. Les chrétiens sont particulièrement préoccupés par l’article 1er de la nouvelle Déclaration constitutionnelle qui, lorsqu’il fait référence à la charia comme source fondamentale de la législation, ajoute que son interprétation doit intervenir en accord avec la jurisprudence des premiers siècles de l’islam. Ce passage récupère de facto le contenu de l’article 219 de la précédente Constitution, qui avait été au centre des contestations des chrétiens, provoquant le retrait de leurs représentants au sein de l’Assemblée constituante. En outre, a disparu de la Constitution provisoire l’ancien article 3, qui garantissait aux chrétiens et aux juifs la possibilité de recourir à leurs propres principes canoniques pour réglementer les questions personnelles et religieuses de leurs communautés respectives.
Les premières critiques chrétiennes à la Constitution provisoire ont été exprimées par des juristes et d’anciens parlementaires tels que Naguib Gabriel, Susie Adli et Amir Ramzy. Des reproches ont également été émis par l’Union juvénile Maspero, selon lesquels, «les Frères musulmans ont profité des 26 martyrs coptes de la révolution du 25 janvier 2011 alors que les salafistes tirent maintenant profit des 7 martyrs coptes de la révolution du 30 juin». (apic/fides/bb)
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