Irlande: Les religieuses ne veulent pas payer de réparations pour le travail forcé dans les «blanchisserie de la Madeleine»
Dublin, 16 juillet 2013 (Apic) Les quatre congrégations religieuses qui dirigeaient les ‘blanchisseries de la Madeleine’ en Irlande n’entendent pas contribuer financièrement aux fonds de dédommagement mis en place le gouvernement irlandais pour les victimes de travail forcé dans ces ‘foyers pour filles perdues’, rapporte le 16 juillet 2013 le quotidien ‘Irish Times’.
Les Sœurs de la Miséricorde, les Sœurs de Notre-Dame de la Charité, les Sœurs de la Charité et les Sœurs du Bon Pasteur ont informé le ministre de la Justice Alan Shatter qu’elles ne verseraient pas d’argent au fonds de dédommagement qui pourrait coûter jusqu’à 58 millions d’euros.
Les congrégations se disent cependant prêtes à contribuer pleinement sur tous les autres aspects du dossier. Cela comporte notamment le montage de dossiers de demandes et la prise en charge médico-sociale d’anciennes pensionnaires. Un porte-parole du ministère s’est déclaré déçu par la décision des religieuses.
Le gouvernement avait annoncé le 26 juin dernier qu’il dédommagerait les victimes de travail forcé dans les «Magdalene Laundries» dont beaucoup sont maintenant âgées. Le paiement minimum est de 11’500 euros pour les femmes qui ont passé trois mois ou moins dans une blanchisserie et le maximum de 100’000 euros pour celles qui ont passé 10 ans ou plus. On estime que quelque 600 femmes pourraient prétendre à ces dédommagements pour un montant global pouvant atteindre 58 millions d’euros. Lors de l’annonce la décision Le ministre de la Justice avait déclaré qu’il comptait sur une contribution à ce fonds des quatre congrégations concernées.
Entre 1922 et 1996, plus de 10’000 jeunes femmes ont été contraintes au travail dans les «Magdalene Laundries» essentiellement à la lessive. Des filles-mères, des orphelines, des femmes violées ou encore des prostituées, voire des handicapées mentales y ont été forcées à travailler sans salaire, dans des laveries, dans des conditions particulièrement dures, proches d’un régime carcéral.
Le rapport de la commission d’enquête publié en février dernier était arrivé à la conclusion que l’Etat irlandais avait soutenu «fondamentalement et directement» ce système. Après sa publication, le Premier ministre s’était excusé pour le retard mis par les autorités à éclaircir la participation de l’Etat. Les quatre congrégations religieuses concernées ont également salué la publication du rapport et présenté leurs excuses aux victimes.
En 2011, le comité contre la torture de l’ONU avait qualifié de travail forcé la pratique qui avait cours dans les foyers de jeunes femmes en Irlande. Cette histoire a également été racontée dans le film «The Magdalene Sisters», récompensé par le Lion d’or à la Mostra de Venise en 2002. (apic/irt/mp)
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