«Nous demandons aux autorités russes de revoir les sentences très lourdes prononcées»
Lausanne, 22 juillet 2013 (Apic) Plus de 70 musiciens de renommée internationale ont répondu à l’appel d’Amnesty International en faveur de la libération des deux membres incarcérés des Pussy Riot, groupe punk féminin russe. Les jeunes femmes avaient été arrêtées après avoir entonné une chanson contestataire contre Vladimir Poutine dans la plus grande cathédrale orthodoxe de Moscou en février 2012. Cette semaine doit avoir lieu l’audience en appel consacrée à leur éventuelle libération conditionnelle.
Dans une lettre ouverte, coordonnée par Amnesty International dans le cadre de sa campagne pour la libération de Maria Alekhina, 25 ans, et Nadejda Tolokonnikova, 23 ans, les musiciens font part de leur soutien et affirment que le «procès terriblement inique et l’incarcération des Pussy Riot ont eu un très grand retentissement, particulièrement au sein de la communauté des artistes, des musiciens et des citoyens dans le monde entier».
La lettre se poursuit en ces termes : «Tout en comprenant qu’une action de contestation menée dans un lieu de culte puisse choquer, nous demandons aux autorités russes de revoir les sentences très lourdes prononcées, afin que vous puissiez retrouver vos enfants, vos familles et vos vies».
Parmi les signataires de la lettre figurent notamment Bryan Adams, Adele, Björk, Coldplay, Sir Elton John, Sir Paul McCartney, Madonna, ou encore Bruce Springsteen.
Lucy Macnamara, directrice des communications Art pour Amnesty, a commenté : «L’affaire des Pussy Riot a choqué les musiciens du monde entier et notre appel à signer cette lettre a reçu un accueil incroyable. Plusieurs d’entre eux m’ont confié que s’il n’est plus possible de chanter une chanson militante sans craindre d’être arrêté, c’est que quelque chose ne tourne vraiment plus rond. Espérons que les autorités russes retrouveront enfin leurs esprits et libéreront Maria et Nadejda.»
L’audience en vue d’une éventuelle libération conditionnelle intervient près d’un an après l’ouverture du procès très médiatisé de Maria Alekhina, Nadejda Tolokonnikova et d’une troisième membre du groupe, Ekaterina Samoutsevitch. Les trois femmes ont été inculpées d’«hooliganisme fondé sur la haine religieuse», après que les Pussy Riot ont entonné une chanson contestataire dans la plus grande cathédrale orthodoxe de Moscou en février 2012. Elles ont été déclarées coupables et condamnées à une peine de deux ans de prison. Amnesty International a qualifié cette décision judiciaire de «coup rude» porté à la liberté d’expression en Russie.
Ekaterina Samoutsevitch a plus tard bénéficié d’une libération assortie d’une mise à l’épreuve, tandis que les recours interjetés par Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova ont été rejetés ; leurs demandes de libération conditionnelle seront examinées par les instances supérieures régionales cette semaine. (apic/com/cw)
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