« Les JMJ boostent ma foi ! »
Rio de Janeiro, 28 juillet 2013 (Apic) 120 Romands ont participé à ces 28èmes Journées Mondiales de la jeunesse (JMJ) de Rio de Janeiro. L’occasion de découvrir de nouvelles réalités économiques et sociales, mais aussi raffermir sa foi au contact de catholiques venus du monde entier.
Assise sur le sable, devant l’un des 15 écrans géants qui jalonnent la célèbre plage de Copacabana , Pauline, 18 ans, regarde avec émerveillement les drapeaux de différents pays qui flottent autour d’elle. Chili, Etats-Unis, Afrique du Sud, Philippines, Australie… Comme cette Valaisanne de Erde, deux millions de jeunes venus du monde entier se retrouvent une nouvelle fois, lors de ces Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) de Rio de Janeiro, pour écouter le pape François les encourager « à être protagonistes de la société », et « à ne pas être chrétiens à moitié ou juste de façade ».
« Je me sens à ma place au milieu de tous ces catholiques du monde entier, explique la lycéenne. Toutes les cultures sont représentées, et même si nous nous exprimons dans des langues différentes, au fond nous sommes tous unis pour la même chose, nous sommes tous là pour notre foi ». La jeune fille, qui participe à ses deuxièmes JMJ après celles de Madrid en 2011, assure également que le fait d’être entourée de jeunes catholiques de tous les pays la motive à continuer son chemin de croyante et de pratiquante. « Cela me booste énormément et me rassure car je ne me sens pas seule. »
Pauline fait partie de la délégation de 120 jeunes Romands venus participer à ces JMJ de Rio. Un voyage qui a demandé des mois d’organisation et qui a débuté, une semaine avant les JMJ, par un séjour à Nova Friburgo, une ville située dans une région montagneuse, à 130 kilomètres de Rio de Janeiro. « Nous avons séjourné dans des familles de toutes les conditions sociales, explique Pierre Pistoletti, l’un des coordinateurs de ce voyage. Sur place, nous avons été accueillis formidablement par des gens d’une gentillesse et d’une générosité incroyables, qui nous ont fait montre d’un formidable sens de l’hospitalité et qui, à la fin, nous ont remerciés de leur avoir rendu visite ! »
Durant la semaine passée dans cette petite ville de près de 200’000 habitants, jumelée avec Fribourg, et marquée en janvier 2011 par des inondations qui ont fait plus d’un millier de morts et des dizaines de milliers de sans abri, les jeunes ont multiplié les visites dans les favelas, les quartiers défavorisés, ont passé du temps avec des pensionnaires de maisons de retraites et, bien entendu, participé à la célébration de messes. « Au-delà de ces rencontres très fortes, nous avons pu échanger entre nous, poursuit Pierre Pistoletti. Et c’était quelque chose de fort, car au fond nous n’avons pas l’habitude de parler de notre foi. »
Cette première semaine achevée, les jeunes Romands se sont donc ensuite rendus à Rio de Janeiro pour participer aux JMJ. Outre les activités officielles et les rencontres avec le pape François, les jeunes Romands se sont retrouvés chaque jour pour la catéchèse et la messe. Des moments que Mgr Denis Theurillat, Évêque auxiliaire du Diocèse de Bâle et « évêque des jeunes de Suisse romande », a tenu à accompagner le plus souvent possible.
« Ce voyage au Brésil constitue une expérience décapante et rafraîchissante, s’est enthousiasmé le prélat. Nous y avons découvert un peuple très religieux qui vit une autre réalité économique et sociale. Cette confrontation à une autre réalité constitue un vrai défi pour ces jeunes Suisses, qui vivent pour la plupart dans des familles qui ne sont pas dans le besoin. C’est une invitation à comprendre la foi dans son essence ». Mgr Theurillat a d’ailleurs déjà obtenu quelques éléments de réponse lors du séjour à Nova Friburgo. « J’ai été frappé par l’attitude positive et constructive des jeunes face à la découverte d’une réalité totalement différente de la leur. C’est une nouvelle preuve qu’ils portent en eux cette ouverture et qu’ils sont capables de vivre leur foi avec passion et enthousiasme ».
C’est le cas de Vincent Bontempelli, 18 ans, venu du village de Vétroz, dans le Valais. Ce collégien a apporté sa guitare et initie très souvent des chants repris par ses camarades. « Les JMJ de Madrid avaient déjà été une grande découverte et une grande expérience pour moi, explique-t-il. Cela m’avait permis d’avancer dans ma foi. » Un chemin que ce premier voyage sur un autre continent ne fait que confirmer pour ce jeune homme qui a multiplié, pendant toute une année, les ventes de gâteaux et autres corvées de jardinage pour financer une partie de son voyage. Notamment en vue de découvrir le souverain pontife et son souhait de voir l’Eglise et les fidèles se tenir au côté des plus démunis.
« Je crois que cela nous fait à tous du bien d’entendre les paroles de ce pape jésuite, assure Vincent, étonnement mûr pour son âge. Car il faut penser aux plus démunis, ne jamais oublier de faire preuve de charité chrétienne. Même dans notre pays, où la pauvreté est évidemment moins marquée qu’ailleurs. » Un sentiment partagé par Emilien, 25 ans, ingénieur en mécanique. « Chez nous, la pauvreté n’est pas forcément économique, explique le jeune homme, lui aussi habitant d’Erde. Elle se rencontre aussi dans la solitude morale des gens ».
Si ces 28èmes Journées Mondiales de la Jeunesse de Rio de Janeiro se terminent ce dimanche avec la messe de clôture, le voyage de la délégation des jeunes Romands, lui, continue. Avec, à la clé, la découverte d’une autre réalité du continent latino-américain. « Nous allons nous rendre à Santé Fé, en Argentine, pour y découvrir le travail accompli par le Père Gabriel Carron, un religieux suisse, aujourd’hui décédé, qui a travaillé très longtemps dans le domaine de la prévention de la délinquance juvénile dans des quartiers sensibles de cette ville », détaille Pierre Pistoletti. L’occasion d’aller sur les terres d’origine du pape François et comprendre encore mieux son appel à travailler aux côtés des plus démunis.
Il sera alors temps de rentrer en Valais. « Nous pourrons alors réfléchir à tout ce que nous aurons vu, senti et vécu », assure Vincent. Un travail que devra faire aussi l’Eglise en Suisse. « Notre mission consistera à tout mettre en œuvre pour accueillir ces jeunes au sein de l’Eglise et les aider à poursuivre leur chemin de croyants, précise Mgr Theurillat. Pour qu’ils ne se sentent pas seuls dans leur quête». (apic/jcg/cw)
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