Des paroles qui vont à l'encontre d'un «moralisme rigide et médisant»

Rome: Les propos du pape sur les femmes et les homosexuels constituent des «nouveautés»

Rome, 31 juillet 2013 (Apic) La conférence de presse du pape François dans l’avion qui le ramenait du Brésil «fait apparaître en particulier deux grandes nouveautés, qui concernent deux questions auxquelles le pape avait jusqu’à présent accordé peu de place : les femmes et les homosexuels», a estimé L’Osservatore Romano du 30 juillet 2013. En ce qui concerne les femmes, ces déclarations sont «révélatrices d’une forte volonté d’ouverture», s’est félicité le quotidien du Vatican. Tandis que son discours sur les homosexuels «élimine un moralisme rigide et médisant».

Selon l’historienne Lucetta Scaraffia, les déclarations du pontife sur le rôle des femmes «sont claires et révélatrices d’une forte volonté d’ouverture». Elle se réjouit que ces paroles n’aient pas été prononcées au nom de la nécessité urgente d’adapter l’Eglise à la parité entre les sexes et n’aient pas non plus été revêtues du «paternalisme, souvent affectueux, qui teinte presque toujours les paroles des hauts prélats qui affrontent le thème».

«L’ouverture est importante», assène Lucetta Scaraffia, et elle est directement liée au projet de réforme de l’Eglise que le pape François veut mener : «sans une reconnaissance ouverte du rôle des femmes, on ne peut espérer cette Eglise vitale et accueillante qu’il désire».

La plume récurrente du quotidien du Vatican souligne également que le pontife a voulu à la fois exclure le sacerdoce des femmes, mais dans le même temps demander un supplément d’études et de réflexions pour comprendre comment réaliser cette parité dans la différence.

La question homosexuelle

«Il est possible de tout changer sans changer les règles de base, celles sur lesquelles a été construite la tradition catholique : telle est également la position du pape sur les homosexuels», poursuit l’intellectuelle italienne. Selon elle, l’exemple utilisé par le pontife – Pierre qui trahit Jésus et qui est ensuite ‘fait pape’ – «est d’une clarté évidente, qui en un éclair ôte leur valeur à toutes les lettres de dénonciation, soupçons, et poisons qui se propagent dans le monde ecclésiastique après l’allusion au ‘lobby gay'».

Le pape François rappelle à tous que le christianisme a toujours fait la distinction entre la condamnation du péché et la miséricorde à l’égard du pécheur, et qu’il n’est pas un puritanisme rigide, sans cœur, se félicite l’historienne. Et d’ajouter : «A ce propos également, le pape François ne change rien des règles morales, mais élimine un moralisme rigide et médisant, et en quelques paroles éloigne de l’Eglise catholique l’accusation calomnieuse d’homophobie qui l’a poursuivie ces derniers temps». (apic/imedia/cp/rz)

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