Argentine: L’Eglise s’engage à collaborer aux recherches des disparus de la dictature
Buenos Aires, 31 juillet 2013 (Apic) Après des années de silence, l’Eglise argentine s’est engagée à collaborer aux recherches sur les disparus de la dictature (1976-1983) et sur leurs enfants volés, rapporte le 30 juillet 2013 le quotidien français «La Croix». C’est ce qu’exige depuis plus de 30 ans l’organisation des «Grand-mères de la place de Mai».
Après une réunion avec les «Grands-mères», le président de la conférence épiscopale argentine , Mgr Jose Maria Arancedo, s’est engagé à collaborer à la recherche de petits-fils et petites-filles volés, indique un communiqué de l’organisation qui se consacre à la recherche des disparus et de leurs enfants. Mgr Arancedo s’est montré ouvert et disposé à accéder aux demandes des Grands-mères et a assuré que l’Eglise «travaille déjà sur ce sujet».
Le 24 avril, la présidente de l’organisation, Estela de Carlotto, avait demandé au pape François d’intercéder auprès de l’Eglise argentine pour qu’elle révèle les informations en sa possession sur cette période lors d’une audience au Vatican. «Nous avons prié avec le pape François pour nos enfants et nous lui avons demandé de nous aider à retrouver les 400 disparus qui manquent encore à l’appel», avait-elle déclaré. «Le pape nous a dit: ‘Je suis à votre disposition. Comptez sur moi'», avait ajouté la militante de 82 ans qui recherche inlassablement son petit-fils né avant l’assassinat de sa mère.
Créée en 1977, l’organisation des «Grands-Mères» est parvenue à identifier 108 enfants volés à des opposants et confiés à des militaires ou à des proches du régime, sur un total d’environ 500, selon une évaluation faite par l’association. Le nombre de disparus durant la dictature est estimé à 30’000 par les organisations de défense des droits de l’homme.
Quelques jours après l’élection du pape François, des médias argentins mettaient en cause le cardinal Bergoglio, citant les «Grands-Mères de la place de Mai» qui affirmaient que l’homme d’Eglise était au courant dès 1976 de l’affaire des «bébés volés», par le biais de lettres lui signalant la disparition d’enfants, envoyées par des proches. Le cardinal Bergoglio disait avoir découvert l’affaire lorsqu’elle fut révélée au grand public, au début des années 2000. Auditionné en 2010 en qualité de témoin par la justice de son pays, l’archevêque de Buenos Aires a fermement nié avoir été au courant avant les années 2000. (apic/lcx/rz)
Pour lire l’article sur «La Croix»:
http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/L-Eglise-argentine-s-engage-a-collaborer-aux-recherches-des-disparus-de-la-dictature-2013-07-30-992745
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