Le port du voile dans l’enseignement supérieur remis en question
Paris, 5 août 2013 (Apic) Le Haut Conseil français à l’intégration (HCI) préconise d’interdire tout signe «ostensible» d’appartenance religieuse dans l’enseignement supérieur. La proposition vient d’être publiée dans un rapport sur le respect de la neutralité religieuse dans l’enseignement supérieur, réalisé pour l’Observatoire de la laïcité, dévoile le 5 août 2013 le quotidien français «Le Monde».
Le rapport conseille d’interdire «dans les salles de cours, lieux et situations d’enseignement et de recherche des établissements publics d’enseignement supérieur, les signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse.»
Le document émet douze propositions pour faire face aux «nombreux contentieux intervenus dans tous les secteurs de la vie universitaire».
Sans aller jusqu’à étendre à l’enseignement supérieur la loi de 2004 en vigueur dans le second degré, «l’idée est bien d’interdire aux étudiantes musulmanes de porter le voile islamique pendant les cours», affirme le journal français. Une proposition potentiellement polémique, alors que se discute l’opportunité d’interdire les signes religieux, et principalement le voile, dans d’autres sphères de la société française.
Selon les auditions menées ces derniers mois par la mission sur la laïcité, certaines universités sont en butte à «des demandes de dérogation pour justifier une absence, au port de signes d’appartenance religieuse, à des actes de prosélytisme, à la récusation de la mixité tant au niveau des étudiants que des enseignants, à la contestation du contenu des enseignements, à l’exigence de respect des interdits alimentaires, à l’octroi de lieux de culte ou de locaux de réunion à usage communautaire…»
Les problèmes n’ont pas disparu, ne se sont pas raréfiés mais se sont banalisés, indique le rapport. Des personnalités auditionnées parlent même «d’actions souterraines» (associations cultuelles masquées, conférences à contenu politico-religieux, etc.). Des professeurs signalent, par exemple, la difficulté qu’ils éprouvent parfois à organiser des binômes d’étudiants des deux sexes pour des travaux de groupe.
Le rapport évoque aussi, sans les quantifier ni les situer, des atteintes à la laïcité «dans certaines université où des tenants de courants chrétiens évangéliques ou néobaptistes critiquent les théories darwiniennes de l’évolution au profit de thèses créationnistes. Ailleurs, des écrits de Voltaire, de Pascal ou de Camus peuvent être rejetés». La mission «laïcité» du HCI relaie donc le «malaise d’un nombre croissant d’enseignants» face à ces «symptômes de la montée de revendications identitaires et communautaristes, de fermeture, voire d’ostracisme, de refus de certains savoirs». (apic/lemonde/rz)
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