Bangladesh: Le principal parti islamiste définitivement rayé des listes électorales
Dacca, 6 août 2013 (Apic) Au Bangladesh, la Haute Cour a rejeté le 5 août 2013 le recours du principal parti islamiste, le Jamaat-e-Islami. Ce dernier protestait contre son éviction des listes électorales, rapporte le 6 août 2013 l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris, Eglises d’Asie. Le 1er août dernier, la Haute Cour avait en effet déclaré anticonstitutionnel le Jamaat-e-Islami en raison de sa responsabilité dans les émeutes sanglantes qui ont fait plus de 200 morts depuis le début de l’année.
La bataille entre le gouvernement de Sheikh Hasina et le mouvement islamiste domine la vie politique et sociale depuis que le procès des responsables des crimes commis durant la guerre d’indépendance du Pakistan de 1971 a commencé dans les «Tribunaux Internationaux spéciaux»(ICT), instaurés depuis 2010 par le chef de l’Etat.
Les premières échauffourées ont débuté avec la condamnation de plusieurs leaders du Jamaat et du Bangladesh Nationalist Party (BNP), principal parti d’opposition du pays, auquel le mouvement islamiste est lié. Actuellement, huit autres hauts responsables de ces deux partis sont toujours en cours de jugement par les ICT.
Les troubles ont vite gagné en ampleur pour culminer en mai dernier avec de violentes manifestations dans tout le pays. Soutenu par le récent mais très influent Hefajat-e-Islam qui s’appuie sur un vaste réseau d’écoles coraniques, les militants avaient gagné en masse la capitale, pillant, incendiant et détruisant les édifices et les commerces au cours d’affrontements sanglants avec les forces de l’ordre. Réclamant l’instauration d’une loi anti-blasphème et de la peine de mort pour tous ceux qui «calomniaient» l’islam, le mouvement islamiste demandait également la levée des condamnations pour crimes de guerre prononcée contre leurs dirigeants.
Mais le 1er août dernier, sur la base d’une pétition déposée par plusieurs organisations religieuses comme laïques, les trois juges de la plus haute instance judiciaire du pays ont affirmé que les objectifs déclarés du Jamaat, dont l’instauration d’un Etat gouverné par la charia, ainsi que son non- respect des principes d’indépendance et de souveraineté du pays, étaient en totale «violation de la constitution du Bangladesh en générale et de la laïcité de l’Etat en particulier».
Quelques mois avant la tenue des élections générales de janvier, le Jamaat a donc été frappé d’anticonstitutionnalité par la Haute Cour du Bangladesh, avec la conséquence d’une interdiction formelle de se faire enregistrer sur les listes électorales. (apic/eda/cw)
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