Brésil: Caritas soutient la fourniture d’eau et de biogaz pour les petits paysans
Brasilia, 21 août 2013 (Apic) Au nord-est du Brésil, les petits paysans souffrent régulièrement de la sécheresse. L’aridité progresse avec les grandes cultures intensives qui dessèchent les terres à large échelle. Caritas soutient les familles pauvres avec la construction de citernes d’eau et la production de biogaz et de fertilisant naturel. L’œuvre d’entraide catholique présente ce reportage dans le cadre du «dimanche de Caritas», le 25 août 2013, placé sous le thème de la lutte contre la pauvreté.
À Caruarú, dans le nord-est du Brésil, à 130 km de Recife, la saison des pluies est enfin arrivée. La végétation reconquiert, pour quelques mois seulement, les terres desséchées le restant de l’année. «2012-2013 a été la période la plus sèche de ces 40 dernières années», précise Simone Sobral, la directrice de Caritas Caruarú. Le nord-est du Brésil est particulièrement vulnérable à la sécheresse et au changement climatique. Ce phénomène est encore renforcé par la déforestation pour les grandes monocultures irriguées de soja et de canne à sucre, très gourmandes en eau. Avec la sécheresse, les femmes pauvres perdent beaucoup de temps avec la collecte de l’eau, souvent souillée par des animaux, et du bois pour la cuisine.
«La pénurie d’eau menace l’existence des petits producteurs. Avec l’ASA (Articulaçao do semiarido), une association brésilienne regroupant une cinquantaine d’ONG, nous avons obtenu du gouvernement de Lula le financement de la construction de citernes d’eau», explique la directrice de Caritas Caruarú. Le programme ‘Un million de citernes’ lancé en 2003 a déjà permis à plus d’un million de personnes d’avoir accès à l’eau potable. Les familles bénéficiaires reçoivent une citerne de 16’000 litres pour l’eau potable et une de 52’000 litres pour l’irrigation des cultures. Ce système permet de collecter l’eau de pluie pour passer la saison sèche. L’eau potable est désinfectée avec du chlore fourni par la préfecture.
Forte de son expérience dans la construction de citernes, la Caritas locale a lancé un projet pilote de production de biogaz dans les cinq communes les plus pauvres de la région de Caruarú, avec le soutien financier de Caritas Suisse. Cette technique simple et bon marché permet de produire du biogaz avec du fumier. Elle contribue aussi à la lutte contre la déforestation et le réchauffement climatique, car la production de biogaz est neutre en CO2. Deux vaches suffisent pour alimenter le système et assurer une production continue de biogaz, amené dans la cuisine par une conduite. Une trentaine de familles ont déjà bénéficié du système et d’autres installations sont prévues.
«Je cuisine avec le biogaz depuis deux semaines. Avant je cuisinais avec des bonbonnes de gaz qui coûtent très cher et du charbon de bois. Grâce au biogaz, nous allons économiser 115 réals par mois (48 francs suisses)», se réjouit Joselma. Bien qu’enceinte au neuvième mois, cette jeune mère de 34 ans est encore aux fourneaux. «Et le biogaz est meilleur, les plats se cuisent plus rapidement, si bien que j’ai brûlé mon premier couscous. Mais maintenant, je fais attention».
Son mari, José da Silva, 48 ans, est lui aussi convaincu par la nouvelle technologie : «Le travail est simple. Il suffit de charger le biodigesteur avec du fumier et de le remuer de temps à autre et à la fin on obtient du biogaz et du biofertilisant. Auparavant, les gens utilisaient des engrais et des pesticides toxiques, mais aujourd’hui nous n’en avons plus besoin. Je produis assez pour nourrir ma famille et nous vendons le surplus au marché», explique le paysan. Grâce aux citernes d’eau et au biogaz, la famille da Silva, avec leurs deux fils de 8 et 14 ans, est autosuffisante.
Le «dimanche de Caritas» du 25 août 2013 est placé sous le thème de la lutte contre la pauvreté. L’œuvre d’entraide s’engage dans la lutte contre la pauvreté dans plus de 40 pays à travers le monde. Elle aide les gens à sortir de la détresse et à trouver la voie d’une existence autonome, par exemple en assistant les petits paysans pour qu’ils améliorent leurs récoltes et puissent les vendre sur les marchés locaux. En cas de catastrophe, Caritas apporte une aide d’urgence – par exemple, en ce moment, aux réfugiés syriens – et s’engage, comme elle l’a fait en Haïti, dans la reconstruction des maisons et des écoles détruites.
En Suisse également, Caritas lutte contre la pauvreté. Elle agit notamment pour offrir de nouvelles perspectives aux quelque 260’000 enfants touchés par la pauvreté dans notre pays. Une entrée facilitée à l’école, des chances de suivre un apprentissage et un soutien aux parents, voilà des mesures permettant aux enfants de sortir de la pauvreté. Par son action «Réduire la pauvreté de moitié», Caritas s’engage pour que ce problème brûlant soit pris au sérieux et pour que le monde politique suisse s’en préoccupe.
La collecte du «dimanche de Caritas» est un apport concret à l’action de lutte contre la pauvreté : elle est remise à Caritas Suisse qui l’utilise pour aider les personnes touchées par la pauvreté partout dans le monde ainsi que dans toutes les régions de Suisse. (apic/com/rz)
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