Opération de recensement
Malabo, 25 août 2013 (Apic) Le gouvernement de la Guinée Equatoriale a lancé une opération de recensement des Eglises nouvelles qui prolifèrent dans le pays. Selon l’agence de presse africaine (APA), une commission du ministère de la justice et des cultes conduite par le secrétaire d’Etat Antonio Nzambi Elonga, effectue actuellement une tournée nationale. But de l’opération dénombrer ces Eglises dites de réveil et les appeler au respect des normes en vigueur.
Plusieurs cas de décès ont été enregistrés dans ces Eglises nouvelles lors de séances d’exorcisme ou de guérison pour traiter diverses maladies physiques ou psychiques. Plusieurs pasteurs sont accusés de détournements des fonds des fidèles, collectés pour la construction d’un temple ou d’une école. D’autres pasteurs sont accusés de pratique sectaire en encourageant la formation de couples entre fidèles, afin, disent-ils, d’éviter ‘les mauvais esprits’ des non-membres de leur Eglise.
Ancienne colonie espagnole, située entre le Gabon et le Cameroun, composée d’une partie continentale, et d’une autre insulaire, la Guinée Equatoriale compte environ 700’000 habitants. Comme la plupart des pays africains, elle est confrontée à une prolifération des nouvelles Eglises chrétiennes. Elles sont fondées et gérées par des pasteurs venus du Nigeria, du Ghana, du Cameroun ou encore de la République démocratique du Congo. Pour recruter leurs fidèles, ils leur font miroiter des miracles, tels que rendre la vue à un aveugle ou faire marcher des paralytiques. Des promesses qui suscitent l’engouement populaire.
A Malabo, la capitale, certaines d’entre elles mènent leurs activités jusque dans les grandes artères, notamment lors des cultes, leurs temples étant trop exigus pour contenir les fidèles avides de miracles. Les célébration se multiplient de jour comme de nuit, du dimanche au lundi, à grand renfort de hauts-parleurs. Ce qui indispose le voisinage empêché de dormir. « Pain de Dieu », « Eglise chrétienne du ciel », « Eglise de vie », sont quelques unes des appellations. L’implantation de ces Eglises dites de réveil a provoqué un baisse sensible du nombre de catholiques dans le pays.
Selon le sociologue Martin Ela, ce sont surtout les femmes qui fréquentent ces Eglises. Elles espèrent avoir de l’argent, un mari ou des enfants. «Ces Eglises nous donnent la chance d’explorer nous-mêmes la Bible, pour découvrir toute la réalité. Ce que ne font pas les Eglises traditionnelles », a justifié pour sa part, Lucia Mangue, pratiquante d’un de ces nouveaux cultes. (apic/ibc/mp)
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