Sur le modèle des intouchables indiens
Budapest, 26 août 2013 (Apic) Et si l’intégration des Roms dans la société hongroise passait par leur conversion au bouddhisme? C’est l’expérience très sérieuse menée depuis plusieurs années à Sajo-kaza, un petit village du nord-est du pays, rapporte le 26 août 2013 le quotidien « La Tribune de Genève ». Les nouveaux convertis s’inspirent du modèle des intouchables indiens qui adhèrent au bouddhisme pour échapper au système de castes, dans lequel ils sont discriminés.
Au dernier recensement, en 2013, plus de 10% des 3’000 habitants de Sajo-kaza, proche de la frontière avec la Slovaquie, se sont revendiqués à la fois Hongrois, Tsiganes et de religion bouddhiste. « C’est la plus forte proportion de bouddhistes en Europe », s’amuse l’initiateur du projet, Tibor Derdák, ancien député d’un Parti libéral dans le premier Parlement de la Hongrie démocratique. « Le bouddhisme est une religion éminemment moderne et ces différentes identités sont toutes compatibles entre elles », ajoute l’ancien parlementaire.
Depuis sa création en 2007, la communauté bouddhiste apporte son aide à l’importante minorité Rom marginalisée, grâce aux subventions de l’Etat ainsi qu’aux fonds de la puissante ONG du milliardaire philanthrope américain d’origine hongroise George Soros et de mécènes privés. Le coeur du projet est une école pour les enfants du quartier mais aussi les parents qui le souhaitent. Elle dispense des programmes éducatifs innovants, comme des voyages fréquents à Budapest ou des cours d’informatique assurés par les développeurs d’une start-up de réputation mondiale.
Par l’accès à l’éducation, ils espèrent favoriser l’insertion sociale des Roms dans cette ancienne région industrielle frappée par le chômage, où l’extrême droite prospère.
Cette expérience est directement inspirée du mouvement bouddhiste « dalit » (les intouchables), en Inde. La démarche a initiée au milieu du XXe siècle par le Dr Ambedkar – une sorte de Martin Luther King indien – avec pour but de contourner l’hindouisme et de sortir les intouchables du système de castes qui enferme des dizaines de millions d’individus dans une condition misérable.
« Je suis allé en Inde deux fois et j’ai vu la situation des intouchables. Je peux dire que notre position sociale en Europe de l’Est est exactement la même », raconte sur son blog János Orsós, un leader de la communauté tsigane. Il ajoute que les Tsiganes vivent en Hongrie comme les gens dans le tiers-monde. Ils vivent dans des quartiers où il n’y a pas d’eau courante, pas d’éclairage public ni d’égouts. (apic/tdg/rz)
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