Des terres louées à trop bas prix?
Freetown, 30 août 2013 (Apic) De nombreux paysans de Sierra Leone se plaignent des loyers et indemnités trop faibles accordés pour leurs terres par l’entreprise genevoise Addax Bioenergy. Une nouvelle étude de la fondation caritative protestante «Pain pour le Prochain» (PPP) montre les effets négatifs encore importants des cultures de canne à sucre installées par la compagnie exportant du biocarburant. Les propriétaires des terrains demandent notamment une renégociation des contrats.
Depuis plus d’un an, le projet de l’entreprise genevoise Addax Bioenergy en Sierra Leone est en plein essor, indique PPP dans un communiqué du 30 août 2013. Environ 10’000 hectares de canne à sucre seront plantés. La production d’agrocarburants destinés à l’exportation va commencer à la fin de l’année.
Néanmoins, pour Abass Kamara, coordinateur national du réseau sierra-léonais pour le droit à l’alimentation (SiLNoRF), «beaucoup de gens restent mécontents et se plaignent qu’ils n’ont pas pu négocier les contrats avec Addax».
«Il n’a jamais été de notre intention de louer l’ensemble de nos terres à Addax», affirme Saidu Fullah, un propriétaire de Mamariah, une localité proche des plantations. Les contrats ont été signés par les autorités traditionnelles locales, les conseils de chefferie. La plupart des agriculteurs concernés considèrent que le loyer de leurs terres ainsi que les indemnités pour les palmiers à huile coupés sont trop faibles. En outre, le montant du loyer par hectare a été fixé par le gouvernement et Addax. Par conséquent, les propriétaires fonciers exigent une renégociation de ces contrats inéquitables. «En collaboration avec nos partenaires en Sierra Leone, nous appuyons les propriétaires à faire valoir leurs droits avec l’aide d’un avocat local», explique Yvan Maillard Ardenti, responsable de programme à PPP.
La dernière récolte de riz dans les champs des communautés s’est révélée insuffisante. Le soutien d’Addax aux familles agricoles par le biais du Programme de développement des agriculteurs est limité à trois ans. L’efficacité de ce programme est très discutable, parce qu’il est basé sur des intrants coûteux, que les agriculteurs ne peuvent souvent pas payer, soutient PPP.
Néanmoins, SiLNoRF et l’organisation caritative suisse ont également pu observer qu’Addax emploie déjà 1’500 personnes, même si la moitié d’entre eux travaillent comme saisonniers. Les salaires dépassent le salaire minimum légal dans le pays. Cette situation apporte un certain développement économique dans quelques villages aux alentours de l’usine, admet Yvan Maillard Ardenti. (apic/com/rz)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/des-terres-louees-a-trop-bas-prix/