Rome: Rumeurs persistantes de nomination de Pietro Parolin comme secrétaire d’Etat

Le cardinal Tarcisio Bertone serait sur le départ

Rome, 31 août 2013 (Apic) Le pape François aurait choisi de nommer, dès le 31 août 2013 en milieu de journée, un nouveau secrétaire d’Etat. Moins de 6 mois après son élection, il aurait choisi de faire appel à l’Italien Mgr Pietro Parolin, âgé de 58 ans.

Des rumeurs persistantes dans la presse italienne annoncent ainsi depuis la veille un changement à la tête de la Secrétairerie d’Etat avec le départ du cardinal Tarcisio Bertone – âgé de 78 ans et à ce poste depuis le 15 septembre 2006 – et l’arrivée de l’actuel nonce apostolique au Venezuela, ancien sous-secrétaire pour les relations avec les Etats.

Diplomate de carrière, à la différence du cardinal Bertone, Mgr Pietro Parolin est originaire de Vénétie, dans le Nord-Est de l’Italie. Né le 17 janvier 1955 dans le village de Schiavon, son père tient une quincaillerie et sa mère est enseignante à l’école maternelle. A 10 ans, il perd son père, victime d’un accident. 4 ans plus tard, en 1969, il entre au petit séminaire alors que l’Eglise est en plein bouleversement au sortir du Concile Vatican II.

Ordonné prêtre en avril 1980, le père Pietro Parolin passe 2 années en paroisse avant d’être envoyé à l’Université pontificale Grégorienne de Rome pour des études de Droit canon. En 1983, il entre à l’Académie pontificale ecclésiastique, en charge de former le personnel diplomatique du Saint-Siège. Il entre au service diplomatique du Saint-Siège le 1er juillet 1986 et se rend alors successivement au Nigeria (de 1986 à 1989) puis au Mexique jusqu’en 1992 avant de réintégrer la première section de la Secrétairerie d’Etat, en charge des relations avec les Etats. Il y est alors responsable des relations avec l’Espagne, Andorre, l’Italie et la République de Saint-Marin.

Jean-Paul II le nomme au poste de sous-secrétaire pour les relations avec les Etats en novembre 2002. ›Numéro trois’ de la diplomatique vaticane, cet élève du cardinal Agostino Casaroli (1914-1998) travaille sur tous les dossiers sensibles, dont ceux des relations entre le Saint-Siège et Israël, le Vietnam, ou encore la Chine. A l’aise avec la presse, il est alors particulièrement apprécié par le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège. Aujourd’hui encore, nombre de diplomates vantent ses «qualités d’homme et de prêtre» à la fois. «C’est un homme attentif, toujours disponible, intelligent et sans prétention», confie à I.MEDIA un diplomate étranger qui a travaillé avec lui.

Diplomate de carrière

Après un peu moins de 7 ans au service des secrétaires d’Etat Angelo Sodano puis Tarcisio Bertone, Benoît XVI le nomme en août 2009 nonce apostolique au Venezuela. Certains voient dans cette nomination la main de Bertone. Pietro Parolin est ordonné évêque par le souverain pontife le 12 septembre suivant et choisit comme devise épiscopale une phrase de saint Paul: «Qui nous séparera de l’amour du Christ ?». A Caracas, son mandat est notamment marqué par des tensions entre l’épiscopat vénézuélien et Hugo Chavez.

En faisant appel à ce prélat polyglotte et fin diplomate, le pape François choisit un homme de confiance capable de l’épauler et de conduire avec lui les réformes qu’il entend mener, en particulier au sein de la curie romaine.

Durant l’été 2006, plus d’un an après son élection, Benoît XVI avait quant à lui choisi de nommer à ses côtés un homme avec lequel il avait étroitement collaboré par le passé à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’archevêque de Gênes Tarcisio Bertone. Le prélat italien qui n’était pas issu de la diplomatie pontificale avait pris ses fonctions le 15 septembre 2006, alors que venait d’éclater la première crise du pontificat de Benoît XVI, en lien avec ses propos sur l’islam à Ratisbonne (Allemagne), 3 jours plus tôt. Au début de son mandat, le cardinal Bertone avait été remarqué pour ses très nombreux déplacements à l’étranger.

Le cardinal Bertone avait ensuite essuyé de nombreuses critiques sur la mauvaise gestion de la curie. S’il est remplacé à la tête du gouvernement de l’Eglise à l’approche de ses 79 ans, il devrait cependant garder sa fonction de Camerlingue, un rôle important en cas de succession apostolique, et peut aussi espérer devenir doyen du collège des cardinaux.

De Merry del Val à Bertone

Au fil du 20e siècle, en raison de l’histoire et du profil des différents papes, la nomination des secrétaires d’Etat ne semble pas connaître de règles. Le début du siècle a vu la nomination du premier secrétaire d’Etat non italien (le second est le Français Jean Villot) en la personne de l’Espagnol Rafael Merry del Val. Le prélat de 38 ans est appelé à exercer les fonctions de secrétaire du conclave après la mort de Léon XIII, en juillet 1903. Le 4 août, Pie X est élu pape et le nomme pro-secrétaire d’Etat le jour même. Devenu secrétaire d’Etat avec sa création cardinalice 3 mois plus tard, Merry del Val quittera ses fonctions pour devenir préfet du Saint-Office en 1914, à l’arrivée de Benoît XV.

Benoît XV nomme en effet le cardinal Domenico Ferrata le 4 septembre 1914, au lendemain de son élection. Mais celui qui fut nonce à Bruxelles et Paris décédera un mois plus tard. Benoît XV fait alors appel au cardinal Pietro Gasparri. Ce diplomate est successivement confirmé par Pie XI au lendemain du conclave de 1922 et signera en son nom, en février 1929, les Accords du Latran avec l’Italie de Mussolini. Un an plus tard, à l’approche de ses 78 ans, Pie XI le remplace par le cardinal Eugenio Pacelli, nonce à Munich.

Le cardinal Pacelli est élu pape en 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, sous le nom de Pie XII. Une semaine après son élection, il nomme pour lui succéder à la secrétairerie d’Etat le cardinal Luigi Maglione, ancien nonce apostolique en Suisse puis en France. Après la mort du cardinal Maglione en août 1944, en plein conflit mondial, Pie XII ne nomme pas de secrétaire d’Etat et décide d’assumer lui-même cette charge qu’il connaît bien.

Après son élection en octobre 1958, Jean XXIII nomme un secrétaire au bout de 2 mois, le 15 décembre, en la personne du cardinal Domenico Tardini. Il restera le ›numéro deux’ du Saint-Siège jusqu’à sa mort, le 30 juillet 1961. Lui succède le cardinal Amleto Cicognani.

Elu en juin 1963, Paul VI conserve le cardinal Amleto Cicognani, qui reste en poste jusqu’au lendemain de ses 86 ans, le 30 avril 1969. Le pape nomme alors le Français Jean-Marie Villot le 2 mai 1969, l’un des rares secrétaires d’Etat ne provenant pas de la diplomatie pontificale. Cet ancien archevêque de Lyon et ancien préfet de la Congrégation pour le clergé servira 2 autres papes : Jean-Paul Ier et Jean-Paul II.

Jean-Paul II choisit de garder le cardinal Villot le temps de lui trouver un successeur, mais le haut prélat français meurt à 73 ans en mars 1979, soit 5 mois après l’élection du pape polonais. Jean-Paul II choisit alors de s’épauler d’un secrétaire d’Etat italien, Mgr Agostino Casaroli. C’est lors de son élévation au cardinalat, en juin 1979, qu’il est officiellement nommé. Le secrétaire d’Etat qui sera à l’origine du rapprochement du Saint-Siège avec les pays communistes quitte ses fonctions le 1er décembre 1990, il vient alors de fêter ses 76 ans.

Pour lui succéder, Jean-Paul II nomme un autre Italien, le cardinal Angelo Sodano. Ce dernier est le ›numéro deux’ du Saint-Siège durant toute la deuxième moitié du pontificat du pape polonais. Elu en avril 2005, Benoît XVI maintient le cardinal Sodano pendant plus d’un an. Mais en juin 2006, le pape annonce que le cardinal Sodano sera remplacé 3 mois plus tard par l’un de ses anciens collaborateurs, le cardinal Tarcisio Bertone. (apic/ami/bb)

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