Ils menacent le gouvernement de manifestations de masse
Katmandou, 5 septembre 2013 (Apic) Les chrétiens du Népal réclament au gouvernement l’obtention de nouveaux lieux d’inhumation, comme le gouvernement s’y était engagé en 2011, rapporte le 5 septembre 2013 Eglises d’Asie (EDA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris. Ils demandent aussi la protection de leurs anciens cimetières, qui sont aujourd’hui profanés par les hindous. Les chrétiens ont menacé le pouvoir de manifestations de masse s’ils n’obtenaient pas satisfaction.
«Depuis qu’ils n’ont plus le droit d’aller près du sanctuaire hindou de Pashupatinath, les chrétiens et les autres minorités religieuses doivent effectuer leurs rites funéraires en forêt ou près des rivières, en tous cas loin des habitations où vivent les hindous radicaux», expliquait le 3 septembre dernier à l’agence d’information catholique «AsiaNews» un chrétien de Katmandou.
La seule solution pour la communauté chrétienne de Katmandou est d’enterrer ses morts secrètement de nuit, dans une forêt à plusieurs kilomètres de la ville. Les tombes sont creusées à la hâte dans le sol et camouflées pour éviter les profanations. Plusieurs corps sont généralement ensevelis dans ces fosses qui ne portent aucune inscription.
En décembre 2010, le «Pashupati Area Development Trust» (PADT), qui gère le lieu de culte et la ville sainte hindoue de Pashupatinath, interdisait toute inhumation dans la forêt de Sleshmantak, entourant la zone des crémations, «afin de préserver le caractère sacré de la terre hindoue». Or, depuis des années, cette forêt était le seul lieu où les minorités religieuses, majoritairement des chrétiens, de la Vallée de Katmandou pouvaient venir ensevelir leurs morts, faute de place dans les cimetières saturés de la capitale.
Malgré une décision de la Cour suprême de mars 2011 levant l’interdiction d’inhumation de non-hindous à Sleshmantak, la PADT avait refusé d’appliquer le décret, accusant le gouvernement de sacrifier à une minorité les intérêts de la nation népalaise hindoue. Ne voulant pas s’aliéner la majeure partie de la population, hindoue à près de 80 %, le gouvernement maoïste avait tout d’abord fait la sourde oreille, avant de finir par céder, à l’issue d’une manifestation générale d’un mois et demi et d’une grève de la faim de cinq semaines de la part des minorités religieuses. Il s’était alors engagé à trouver des cimetières pour les chrétiens dans chacun des districts du Népal.
En juin 2011, l’attribution d’un cimetière aux chrétiens à Katmandou avait même été officiellement annoncée. Mais deux ans plus tard, arguant de difficultés techniques et de négociations plus délicates que prévu avec les municipalités hindoues, le gouvernement semble avoir abandonné le dossier. A bout de patience, les chrétiens ont pris acte du dépassement par la commission du dernier délai qui avait été fixé à juillet 2013. «Si toutes les promesses du gouvernement se révèlent vaines, les chrétiens seront forcés de lancer rapidement une nouvelle série de manifestations dans tout le pays», a menacé C. B. Gahatrai, président de la «Federation of National Christian Nepal» (FNCN).
La communauté chrétienne, insignifiante il y a quelques années, est devenue une force qui compte. Les derniers recensements ont montré qu’elle formait désormais près de 2 % de la population népalaise. Alliées aux autres minorités religieuses et ethniques qui dénoncent les mêmes discriminations de la part des hindous majoritaires, les Eglises chrétiennes sont bien décidées à faire entendre leur voix, relève Eglises d’Asie. (apic/eda/rz)
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